Fiat purifie son portefeuille en vendant son équipementier Magneti Marelli

Avant sa mort, l’ancien patron du groupe Fiat Chrysler Automobile (FCA), Sergio Marchionne, avait décidé de « purifier » le portefeuille du groupe. L’une des étapes pour y arriver était la vente de l’une de ses filiales historiques : son équipementier Magneti Marelli.

C’est chose faite !

Son successeur, Michael Manley, n’a pas trainé pour finaliser l’opération lancée avant la mort de l’ancien patron de FCA.

Sous réserve de l’approbation des autorités de la concurrence, la vente devrait être bouclée début 2019 et rapporter 6,2 milliards d’euros au groupe. La filiale de FCA sera vendue au groupe japonais Calsonic Kansein, détenu par KKR – fonds d’investissement américain.

Création du 7e équipementier d’envergure mondiale

Magneti Marelli est un spécialiste de l’éclairage, des systèmes de transmission et des  équipements électroniques de pointe. C’est aussi une grande entreprise internationale avec plus de 40 000 employés dans 21 pays possédant plus de 85 usines et 14 centres de recherche. L’année dernière, l’équipementier avait réalisé 8,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

D’après Mike Manley, « cette association avec Calsonic Kansei est apparue comme une occasion idéale d’accélérer la croissance future de Magneti Marelli ». Dans un communiqué commun, les 3 entreprises ont ajouté que « la transaction représente une occasion unique pour combiner deux entreprises à succès, qui enregistrent à elles deux un chiffre d’affaires annuel de 15,2 milliards d’euros ». Le nouvel ensemble, baptisé Magneti Marelli-CK Holdings, pourrait devenir « le 7e fournisseur indépendant de composants automobiles au monde ».

Magneti Marelli CK Holdings sera dirigé par l’actuel PDG de Calsonic Kansei, Beda Bolzenius, qui a déclaré que « ces dernières années, notre industrie a traversé une période d’importants changements et la prochaine phase sera encore plus dynamique. Ensemble nous bénéficierons d’une présence géographique et de lignes de produits complémentaires ».

Quelles conséquences sur l’emploi en Italie ?

Alors que le siège social de Magneti Marelli est en Italie, de nombreux syndicats s’inquiètent de l’impact d’une telle vente sur les emplois du secteur.

Il y a une semaine, redoutant un impact négatif sur les effectifs de l’entreprise une fois celle-ci vendue, le syndicat métallurgiste italien Fiom avait demandé au gouvernement populiste d’intervenir dans ce projet de cession.

Hier, les réactions syndicales étaient plutôt positives puisque FCA s’est engagé dans un « partenariat de plusieurs années » avec la nouvelle entité, ce qui devrait maintenir le niveau de l’emploi dans les sites transalpins et du siège.

L’opération a été saluée en bourse car le titre termine en hausse de près de 3 %

L’opération a été saluée en bourse par un saut de 6 % en début d’après-midi – plus forte hausse de l’indice du secteur automobile européen qui ne gagnait que 0,85 % au même moment.

Les cours de FCA ont perdu un peu de momentum puisque le titre ne termine qu’à environ + 3 %. Malgré les risques de concurrence, les équipementiers européens ont également profité de la nouvelle comme Continental, Valeo, Faurecia, ou encore Plastic Omnium.

Les investisseurs semblent satisfaits du prix obtenu par la société. Cette vente va permettre de renforcer la trésorerie de FCA et qui sait, peut être pousser la société à des rachats d’actions. Cette opération rassure également les investisseurs quant à la capacité de la nouvelle direction à mener à bien des négociations et à conclure des accords fructueux.

EUR/GBP : l’absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’UE pèse sur la livre sterling

Alors que le Sommet Européen aurait pu être le « sommet de la dernière chance » pour que le Royaume-Uni et l’Europe tombent d’accord sur les « conditions du divorce », le Sommet a finalement abouti à un « no deal ». Un accord est maintenant attendu en novembre ou en décembre pour éviter un « no deal » le 29 mars 2019, date à laquelle le Brexit sera effectif.

Le Brexit et la frontière entre l’Ireland du Nord et la République d’Ireland

Depuis bientôt deux ans, le Royaume-Uni tente d’avancer sur sa sortie de l’Europe mais la question de la frontière entre la République d’Irlande et l’Irlande du Nord reste un point épineux. En effet, l’Irlande du Nord fait partie du Royaume-Uni alors que la République d’Irlande fait partie de la Zone Euro. Une fois le Royaume-Uni sortie de l’Union Européenne (UE), celle-ci s’attend à ce qu’une forme de contrôle soit mise en place à la frontière entre les deux pays.

La situation de l’Irlande n’est pas le seul obstacle dans les négociations

Il y a encore beaucoup de questions qui restent sans réponses :

  • les droits des citoyens européens vivant au sein du Royaume-Uni,
  • les droits des citoyens britanniques vivant dans l’UE,
  • la manière d’allouer les fonds non dépensés reçus de l’Union Européenne,
  • la fermeture et la relocalisation des agences européennes basées au Royaume-Uni,
  • les accords de sécurité transfrontaliers,
  • les exigences en matière de contributions financières et de respect de la législation communautaire,
  • le dégrée d’influence du Royaume-Uni sur les règles et réglementations communautaires.

Qu’est-ce qu’un hard Brexit ?

Si le Royaume-Uni ne souhaite pas accepter les quatre libertés garanties par le marché unique de l’UE, à savoir la libre circulation des biens, des personnes, des services et des capitaux, ni participer aux budgets de l’UE ou respecter la législation européenne, alors l’option la plus probable serait d’adopter un hard Brexit.

Un hard Brexit, ou Brexit dur, caractérise une situation dans laquelle le Royaume-Uni favorise une solution qui lui permettrait de diminuer au maximum sa relation avec l’Union Européenne.

Cela signifierait probablement que le Royaume-Uni pourrait faire partie de l’Organisation Mondiale du Commerce pour commercer avec ses partenaires de l’UE. Les exportations britanniques seront alors soumises à des droits de douane, ce qui les pourrait rendre plus difficiles (et plus chères). Les investissements dans le pays pourraient chuter tout comme sa compétitivité. D’un autre côté, le Royaume-Uni n’aurait pas à payer de contributions à Bruxelles, ni à adhérer aux lois sur la libre circulation.

EUR/GBP: Une absence d’accord entre le Royaume-Uni et l’UE impacterait la paire

Quelle que soit l’option choisie par le Royaume-Uni (hard Brexit vs. soft Brexit), il est important que cette nouvelle relation avec l’UE soit décidée pour éviter d’entrer dans un flou juridique.

C’est une décision importante qui doit d’abord être ratifiée avant d’être mise en œuvre. L’accord doit être approuvé par le Conseil Européen et approuvé par un vote à la majorité simple du Parlement Européen des 27 États membres. Ensuite, l’accord doit être ratifié par le Parlement britannique.

EUR/GBP

L’EUR/GBP profite des incertitudes liées à la situation actuelle du Royaume-Uni. La livre sterling a perdu du terrain pendant le Sommet Européen en raison des craintes grandissantes qu’aucun accord sur le Brexit n’allait être adopté et que le Royaume-Uni allait se trouver dans une « impasse ». Les données sur les ventes au détail au Royaume-Uni ne montrent aucun signe d’amélioration. Au contraire, les chiffres ont révélé une baisse des dépenses de consommation, ce qui pèse également sur le sentiment.

Le rebond des marchés peut-il durer ? Attention à la fin de semaine…

Hier, les bourses mondiales ont rebondi grâce au sursaut de Wall Street qui a enregistré sa meilleure performance journalière depuis mars. Les indices américains et européens ont terminé en forte hausse, dopés par les très bons résultats des entreprises américaines.

Les grandes banques américaines semblent bien orientées avec Goldman Sachs et Morgan Stanley qui ont enregistré des résultats meilleurs que prévu. Johnson & Johnson, excellent indicateur des dépenses de consommation, a également publié des chiffres supérieurs aux attentes des investisseurs.

La session de trading de la veille a montré des investisseurs qui ont (plus ou moins) mis de côté leurs craintes et leurs angoisses vis-à-vis des incertitudes et des conséquences de la guerre commerciale, de la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis, de l’instabilité politique et d’un potentiel ralentissement des bénéfices à venir.

Les investisseurs, analystes et économistes sont actuellement divisés en deux écoles concernant la question du cycle économique et du cycle de marché dans lequel nous nous trouvons actuellement.

D’un côté, vous avez ceux qui pensent que, historiquement, nous devrions voir la fin d’un cycle expansionniste bientôt. Le marché haussier auquel nous faisons face, notamment aux États-Unis avec le 2e plus long mouvement haussier (bull market) de l’histoire, commence à s’estomper tout comme l’économie mondiale qui commence à s’essouffler.

D’un autre côté, vous avez les « taureaux » pour qui la hausse des marchés va continuer malgré le récent pic de volatilité observé sur les marchés. Pour eux, la guerre commerciale va se terminer de manière positive et sans réelle conséquence sur l’économie ni les marchés. Ils pensent également que les rachats d’actions, qui atteignent un niveau record, vont continuer après la publication des résultats

Dans tous les cas, la fin de semaine promet d’offrir de nouveaux mouvements de marché avec une potentielle augmentation de la volatilité.

Mercredi 17 octobre 20h – Compte-rendu du FOMC

Alors que la Réserve Fédérale Américaine (la Fed) a décidé d’augmenter l’objectif de ses taux directeurs pour la 8e fois depuis décembre 2015 il y a 2 semaines, les investisseurs analyseront son compte-rendu en détail pour décortiquer toute information concernant la direction de la politique monétaire américaine.

En effet, les informations les plus importantes concernent les projections économiques tout comme ce que les membres ont déclaré à propos de l’évolution future des hausses de taux. Si la Fed va trop vite dans son processus de normalisation de sa politique monétaire, les investisseurs craignent qu’elle ne fasse dérailler l’économie du pays ainsi que le marché haussier actuel.

Les investisseurs examineront également si les membres du FOMC ont parlé de la courbe des taux car actuellement les taux à court-terme ont tendance à être très proches des taux à long-terme. Lorsque les taux court-terme sont plus élevés que les taux à long-terme, on parle de courbe de rendement inversée (historiquement signe précurseur de récession économique).

Jeudi 18 octobre – Fin du Conseil Européen et Ouverture du Sommet de la Zone Euro 

Aujourd’hui s’ouvre le Conseil Européen de 2 jours pendant lequel les dirigeants de l’UE à 27 vont débattre du Brexit et de l’état des négociations avec le Royaume-Uni. Demain, le Conseil Européen discutera des questions de migration, de sécurité intérieure ou encore de relations extérieures.

Le Sommet de la Zone Euro réunit les membres de l’UE qui discuteront de « l’état d’avancement des négociations concernant l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) en vue du sommet de la zone euro de décembre ». De façon générale, ces sommets proposent des orientations stratégiques aux pays membres pour mener au mieux leurs politiques économiques.

Vendredi 19 octobre – Publication du PIB chinois pour le 3e trimestre

Le bilan de santé économique de la Chine va-t-il montrer un ralentissement de la croissance du PIB à la suite de la guerre commerciale qui a éclaté avec les États-Unis ? C’est ce que vont découvrir les investisseurs européens à leurs réveils.

Les économistes et traders seront à l’affût du moindre signes de ce que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a coûté à la 2e puissance mondiale lorsque la Chine publiera vendredi ses chiffres de croissance pour le trimestre de juillet à septembre 2018 et d’autres données financières essentielles.

En effet, les moteurs de croissance du pays en termes d’investissements, de dépenses de consommation et d’exportations étant proches de leur capacité maximale, on peut se demander dans quelle mesure les nouveaux tarifs douaniers vont représenter un défi pour les dirigeants chinois.

L’Europe sous pression pèse sur le CAC40

Alors que le CAC40 a tenté de rebondir vendredi, gagnant jusqu’à 1,13 % à 5 164,03 points en séance, il a abandonné ses gains en clôturant en baisse de 0,20 % légèrement sous les 5 100 points.

La semaine dernière a été particulièrement compliquée pour les bourses du monde entier et le CAC40 a perdu 4,91 % sur la semaine – sa pire performance hebdomadaire depuis février 2018.

Wall Street a repris de la hauteur vendredi notamment grâce aux valeurs technologiques, fortement malmenées la semaine dernière, alors que les publications de trois banques américaines (Citigroup, JP Morgan et Wells Fargo) ont lancé la saison des résultats du 3e trimestre 2018 aux Etats-Unis avec des chiffres meilleurs qu’anticipés.

 

CAC 40
CAC 40

Ce matin, l’indice phare français ne se laisse pas convaincre par le rebond de Wall Street et campe sur ses positions en ouverture. L’indice vedette de la cote parisienne, qui a amorcé un mouvement de correction après avoir touché les 5 530 points, semble rester orienté à la baisse sur le court terme.

Le CAC40 évolue actuellement sur les bandes de Bollinger inférieures et le RSI s’enfonce dans la zone de survente. En une semaine, l’indice français s’est très rapidement dirigé vers la borne basse du range dans lequel il évolue depuis le début de l’été.

Le 10 octobre dernier, l’indice sort du canal par le bas dans un fort mouvement baissier matérialisé par un marubozu. La pression vendeuse pourrait s’intensifier cette semaine avec les nombreux évènements qui pourraient fortement impacter les marchés mondiaux.

Parmi les entreprises françaises les plus pénalisées par cette baisse généralisée des marchés, on retrouvera des entreprises du secteur luxe comme Kering, Hermès et LVMH qui ont respectivement perdu 10,21 %, 7,32 % et 6,88 % sur les 5 derniers jours. En effet, ces entreprises pourraient souffrir d’un ralentissement de la demande en prévenance de Chine, acteur devenu déterminant pour leurs chiffres d’affaires et leurs performances boursières.

La grande banque américaine, Morgan Stanley, a d’ailleurs décidé de dégrader le secteur du luxe à « sous-pondérer » face aux risques grandissant d’un ralentissement de la dynamique de croissance tout privilégiant des valeurs de type « value » par rapport à des valeurs de type « growth ».

La volatilité devrait continuer sur les marchés

Les investisseurs sont toujours inquiets face à la dégradation probable de la croissance mondiale qui pourrait affecter le sentiment du marché. Le FMI, ou Fond Monétaire International, a récemment réduit ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale à 3,7 % en 2018 et 2019 (contre 3,9 % précédemment).

Les raisons évoquées pour justifier cette baisse concernent principalement les conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les craintes d’une nouvelle crise financière.

En effet, il y a de nombreux risques liés au niveau de l’endettement mondial qui pourrait menacer l’équilibre du système face à des pays qui auraient du mal à réagir face à de potentielles crises.

La semaine dernière, le président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, a émis des réserves sur les perspectives du Vieux Continent en déclarant que « des développements positifs pour la zone euro ne sont pas indépendants du rythme de croissance globale ».

Les traders ne veulent prendre aucun risque inutile alors que de nombreux évènements pourraient augmenter la volatilité et l’incertitude sur les marchés poussant les investisseurs à fuir le marché des actions pour investir dans des actifs moins risqués comme des obligations.

Cette semaine, de nombreux évènements doivent être surveillés en Europe comme les conséquences des législatives en Bavière, la situation en Italie et l’impasse politique liée au Brexit entre autres.

Discussions autour du Brexit : La pression augmente sur Theresa May

Cette semaine aura lieu le sommet européen pendant lequel des questions concernant la sortie du Royaume-Uni de l’Europe devraient être débattues augmentant ainsi la pression sur Theresa May.

En effet, il est important de trouver rapidement un accord pour l’après Brexit qui arrive à grands pas. Qu’en adviendra-t-il des échanges entre les deux Irlande ? Va-t-on assister à un hard Brexit ? Pourrait-on faire face à une absence d’accord ?

La situation de la dette italienne préoccupe

Comme tous les membres de la Zone Euro, l’Italie doit soumettre aujourd’hui à la Commission Européenne leur budget prévisionnel pour l’année 2019.

En revanche, le gouvernement italien ne semble pas avoir modifié son budget qui affiche toujours un déficit public de 2,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut). Bruxelles devrait donc entamer une période de « dialogue et de consultation » pour que l’Italie revienne en arrière et propose un nouveau budget.

Retoquer le budget italien aurait pour conséquence de déclencher une crise politique avec un gouvernement eurosceptique, ce qui pourrait fortement perturber l’évolution de la monnaie unique et entraîner les bourses européennes vers le bas.

Revers historique de la CSU en Bavière, parti conservateur allié d’Angela Merkel

Ce week-end, la chancelière allemande, Angela Merkel, au pouvoir depuis 13 ans, continue de subir l’essor de l’extrême droite et des verts qui fragilise davantage sa coalition avec les sociaux-démocrates.

Le résultat des élections régionales pourrait menacer la coalition de Merkel et même suggérer sa fin car la CDU/CSU pourrait céder le contrôle de l’Allemagne lors des élections de décembre pendant lesquelles Merkel souhaite être reconduite à la tête de son parti.

Ces changements dans le paysage politique allemand pourraient faire tomber le gouvernement actuel de la première puissance européenne et intensifier la crise de gouvernance de la Zone Euro qui devrait augmenter la volatilité de la monnaie unique, augmentant probablement la volatilité de la monnaie unique.

Krash boursier, correction ou « bear market »?

La semaine passée a certainement été une rude semaine pour les traders qui ont fait face à une situation plutôt chaotique sur les marchés. Ils se demandent d’ailleurs si une période de correction est en train de démarrer ou si les cours pourraient bientôt repartir vers le haut.

Comme le « sell-off » observé en février dernier, la cause principale de ce mouvement baissier est la hausse des rendements des bons du trésor américains à la suite de l’augmentation des taux de la Fed.

D’après le président américain, c’est de la faute de la Réserve Fédérale s’il y a actuellement un vent de panique qui souffle sur les Bourses mondiales. Il pense que « la Fed est devenue folle » et il a même ajouté qu’il est « en désaccord avec ce que fait la Fed ».

Quoiqu’il en soit, c’est bien cette décision de la Fed qui a entraîné à l’origine des rotations de portefeuilles avec des sorties de capitaux du marché des actions et des entrées de capitaux sur le marché obligataire. Certains indices boursiers entrent même en correction (ou en sont très proches).

Le CAC40 perd 4,08 % depuis le début de l’année

Malgré une tentative de rebond vendredi, grâce aux bons résultats des grandes banques américaines et la statistique du commerce extérieur de la Chine qui a été jugée rassurante par les marchés, la Bourse de Paris a terminé en légère baisse.

Le récent « sell-off » a entrainé une accélération du CAC40 vers le bas. L’indice phrase français a cédé 4,91 % sur la semaine et il perd désormais 4,08 % depuis le début de l’année.

Comme nous l’avons expliqué dans notre analyse précédente, les cours du CAC40 ont croisé la moyenne mobile à la baisse début octobre avec de longues bougies baissières (marubozu) tout en se dirigeant vers la bande inférieure de l’indicateur des bandes de Bollinger avec un RSI en baisse sous le niveau des 50.

La semaine dernière, les cours ont cassé le support du canal à 5 242,4 points avec un très long marubozu baissier poussant les cours hors du canal en direction des 5 048,8 points avec un RSI en zone de sur-vente sous les 30.

CAC 40
CAC 40

Doit-on s’attendre à un krash boursier ? Doit-on se préparer à vivre un « remake » du scénario de février 2018?

Le CAC 40 n’est qu’un exemple de la volatilité observée sur les marchés la semaine dernière.

La montée des indices de Wall Street vendredi dernier semble avoir été trop rapide pour de nombreux analystes. En effet, selon eux, les acheteurs à bon compte sont venus et ont poussé le marché vers le haut beaucoup trop rapidement. Les investisseurs devraient donc s’attendre a beaucoup de volatilité la semaine prochaine.

Si les bourses avaient pu repartir de l’avant au printemps après avoir chuté de leur plus hauts, les risques ne sont pas tout à fait les mêmes aujourd’hui notamment avec les tensions tensions commerciales qui pourraient affecter l’économie chinoise déjà en phase de ralentissement.

Il est donc important de rester prudent car de nombreux évènements peuvent augmenter davantage les incertitudes sur l’économie mondiale et la volatilité sur les marchés boursiers :

  • les dégâts provoqués par l’ouragan Michael en Floride,
  • les prévisions du niveau de la demande et de l’offre de pétrole dans le monde,
  • les conséquences des tensions commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde – particulièrement la Chine,
  • les incertitudes sur de croissance globale et les commentaires des grandes institutions mondiales,
  • les conséquences de la politique monétaire américaine qui, avec la hausse de ses taux, impacte fortement le marché obligataire, et par extension l’ensemble des classes d’actifs,
  • la déroute des marchés émergents comme la Turquie ou l’Argentine,
  • les résultats des négociations de l’Europe et du Royaume-Uni concernant le Brexit,
  • les incertitudes sur l’état des finances italiennes.

L’ouragan Michael a soutenu les prix du pétrole – Et maintenant?

Les cours du pétrole ont terminé en hausse lundi et mardi près d’un pic de 4 ans, alors que l’approche de l’ouragan Michael semblait pouvoir perturber la production de pétrole en Amérique du Nord.

Alors qu’il approchait la Floride, l’ouragan a été classé en catégorie 4 sur 5 par le Centre national des ouragans (NHC) qui le qualifie d’« extrêmement dangereux », mais il semblerait que les principales plateformes de pétrole soient épargnées.

Par précaution, plus de 40 % de la production du golfe du Mexique a été mise hors service, ce qui devrait perturber l’offre de pétrole américain de manière temporaire car les plateformes pétrolières devraient redémarrer, et leur production revenir à la normale, d’ici quelques jours.

D’après Rick Scott, gouverneur républicain de la Floride, l’ouragan Michael pourrait être « la tempête la plus dévastatrice ayant touché la Floride depuis des décennies […] et la plus puissante en plus de cent ans ».

Au Canada, une autre perturbation de l’offre a contribué à la hausse des cours : une explosion et un incendie se sont produits lundi dans la plus grosse raffinerie canadienne. La société, qui produit près de 300 000 barils par jour, n’a pas donné de nouvelles concernant la date de son redémarrage.

Une hausse des cours limitée par des craintes sur le niveau de la demande globale

Le prix du pétrole est tombé à son plus bas niveau en près de deux semaines hier alors que l’ouragan Michael a menacé de réduire la demande de carburant dans le sud-est des Etats-Unis et que Wall Street a fortement chuté.

Hier, le baril de Brent de la mer du Nord a baissé de 1,91 $  (- 2,25 %) pour terminer à 83,09 $, alors que sur le baril de WTI a perdu 2,39 % (or 1,79 $) pour clôturer à 73,17 $. Ce matin en Asie, les cours étaient toujours orientés à la baisse.

Les raffineries nord-américaines semblent être épargnées par l’ouragan mais les investisseurs évaluent maintenant les effets de l’ouragan sur la demande américaine (et non plus ses conséquences sur l’offre).

Les chiffres des réserves américaines de brut sont également très surveillés et sont attendus en hausse aujourd’hui.

D’après l’American Petroleum Institute, les réserves américaines de brut ont augmenté plus qu’attendu pendant la semaine se terminant le 5 octobre (hausse de 9,75 millions de barils).

Aujourd’hui, les investisseurs attendent les chiffres de l’Energy Information Administration pour confirmer une augmentation des stocks de brut américain qui représente généralement le signe que la demande baisse dans la première économie mondiale.

Très récemment, le FMI (Fond Monétaire International) a réduit ses prévisions de croissance de l’économie mondiale qui semble commencer à s’essouffler : 3,7 % en 2018 et 2019 contre 3,9 % précédemment.

Les principaux risques évoqués viennent de l’intensification des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine (et leurs conséquences sur le commerce mondial), mais aussi des inquiétudes croissantes concernant l’incapacité des gouvernements à réagir face à des crises potentielles. On pensera notamment aux marchés émergents qui doivent faire face à des conditions financières plus serrées, des sorties de capitaux et une dévaluation de leurs devises, ou encore à l’Europe avec le Brexit et la crise italienne.

Les investisseurs s’interrogent également sur les effets de la diminution des exportations de brut iranien sur l’offre de pétrole (qui devrait diminuer et pousser les prix vers le haut) dès l’application des sanctions américaines début novembre car n’oublions pas que l’Iran est 3e producteur de pétrole de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).

Bien que les investisseurs estiment que l’offre de pétrole pourrait globalement réduire, leur attention se porte désormais sur la demande qui pourrait également diminuer alors que l’économie mondiale commence à montrer des signes de faiblesse et est attendue en baisse. Ainsi, les prix du pétrole, qui avaient jusqu’ici été soutenus par une réduction de l’offre, pourraient commencer à faiblir.

De quelles façons la crise italienne peut-elle affecter l’économie française?

Potentiel de croissance limité, remontée des taux d’intérêt, endettement massif, gouvernement instable et provocateur, créances douteuses, chômage massif… l’Italie semble représenter un risque majeur pour l’Union Européenne et pour la France ! Quelles conséquences pourraient avoir la crise de la dette italienne sur l’économie de l’Hexagone ?

Le FMI baisse ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale et italienne

Les prévisions de croissance du Fond Monétaire International (FMI) montre que l’économie mondiale commence à s’essouffler, ce qui pourrait peser sur l’économie de nombreux pays européens, dont la France.

L’institution a revu à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale de 2018 et 2019 : 3,7 % contre 3,9 % précédemment.

Les principaux risques évoqués sont les conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi les inquiétudes concernant l’incapacité des gouvernements à réagir face aux crises potentielles auxquelles ils pourraient avoir à faire face.

Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour la France à 1,6 % en 2018 et 2019, notamment face à une « demande extérieure plus modérée ».

Pour l’Italie, les prévisions restent inchangées à 1,2 % en 2018 et 1 % en 2019, mais ces prévisions restent plus faibles que celles prises en compte à Rome dans l’établissement de son budget. En effet, l’Italie a basé son budget sur une croissance de 1,5 % en 2019, 1,6 % en 2020 et 1,4 % en 2021.

L’Italie va-t-elle pourvoir élever son potentiel de croissance?

L’économie italienne doit faire face à de nombreux maux : une croissance structurelle faible, un chômage massif, un problème de compétitivité-coût, une dette colossale, un potentiel de croissance limité, peu de dynamique au niveau de sa productivité, etc.

Le risque majeur actuel concerne les conséquences de la mise en œuvre du programme de la nouvelle coalisation entre la Ligue et le M5S qui pourrait affecter l’économie italienne en remettant en cause la soutenabilité de sa dette.

En effet, le cœur du problème reste la faiblesse de la croissance italienne car les petites entreprises familiales, qui représentent le tissu économique de l’Italie, peinent à faire le poids face à une concurrence accrue, plus innovante et plus moderne.

Associée à une dette italienne importante, qui représente plus de 130 % du PIB malgré certains efforts budgétaires importants mis en place par Rome depuis les crises de 2008 et 2010, la faiblesse de la croissance ne permet pas de réduire la dette publique italienne.

Le FMI a récemment demandé au gouvernement italien « de maintenir les réformes faites sur les retraites et le marché du travail » car « une marche arrière sur les réformes ou la mise en œuvre de politiques qui nuiraient à la soutenabilité de la dette déclencherait une forte hausse du spread » a déclaré l’institution.

Rome reste une source d’instabilité pour les marchés

Pour les intervenants du marché, l’Italie reste une source d’incertitude qui pèse sur l’euro et sur les marchés, et dont les risques pourraient s’étendre aux autres économies européennes comme la France.

Le spread, qui représente l’écart entre les taux d’emprunt à long terme de l’Italie et de l’Allemagne, reste plus élevé qu’avant la formation du gouvernement italien anti-système.

L’augmentation récente des taux d’intérêt à 10 ans montre que les investisseurs réclament une prime de risque face à un degré d’incertitude et de risque plus élevé, ce qui alourdit à terme davantage la charge de la dette italienne. Hier, il a atteint 315 points à la mi-journée avant de se resserrer – son plus haut niveau depuis avril 2013.

En cas d’aggravation de la crise italienne, un phénomène de contagion pourrait gagner la France

Une remontée généralisée des taux à long terme pèserait sur la croissance de l’ensemble de la zone euro, dont la France. En effet, son profil est proche de celui de l’Italie avec un endettement important, un excès de dépenses publiques, un problème de compétitivité et d’investissement des entreprises, ce qui signifie que l’économie française ne serait pas épargnée.

Les banques françaises pourraient subir l’augmentation de l’emprunt d’Etat italien à 10 ans qui est passé de 2,842 % le 26 septembre 2018 à 3,57 % le 8 octobre dernier. En effet, ces établissements bancaires sont souvent des créanciers importants de l’Italie.

Les banques françaises pourraient avoir une exposition cumulée de près de 30 milliards d’euros notamment via leurs filiales locales, ce qui pourrait fortement faire baisser le cours des valeurs bancaires à la Bourse de Paris.

En effet, on ne peut pas exclure le risque que la capacité de remboursement de Rome diminue fortement au point de disparaître. Bien sûr, la Banque Centrale Européenne interviendrait certainement dans une telle situation avec certains programmes (programme de rachat de dette (QE) ou opérations monétaires sur titres (OMT)) pour contenir les risques.

Actuellement, la France bénéficie d’une certaine « complaisance » de la part des marchés car le taux d’intérêt de l’emprunt de la France à 10 ans atteint 0,897 % quand celui de l’Italie évolue au-dessus de 3,57 %.

Cependant, une remontée généralisée et continue des taux d’intérêt à long terme en Zone Euro pourrait entrainer une contagion de la crise italienne vers l’économie française, ce qui affecterait sa croissance et son déficit.

L’Italie se dirige-t-elle vers une nouvelle crise grecque ? Se dirige-t-on vers une nouvelle crise de l’euro ? L’Euro serait-il en train de détruire l’Europe ? Peut-on parler d’Italexit?

Les investisseurs continueront de surveiller les réactions de l’Italie et de Bruxelles concernant cette situation de dérapage budgétaire ainsi que tout questionnement et remise en cause de la Zone Euro et son fonctionnement.

La hausse des rendements obligataires pèse sur les marchés mondiaux

Les actions chinoises ont connu leur pire journée hier depuis plus de trois mois. Alors que les investisseurs revenaient sur les marchés après une semaine de vacances nationales, ils ont entrainé la majorité des indices boursiers mondiaux à la baisse – sans parler de la forte hausse des rendements obligataires américains.

Les principaux indices boursiers mondiaux sont sous pression avec la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui représente un élément défavorable aux actifs risqués comme les actions. Ce matin, les bourses européennes ont tenté de rebondir après une journée terminée dans le rouge lundi mais la légère hausse est difficile à tenir.

En effet, après le récent sell-off sur le marché obligataire, les rendements du Trésor Américain ont atteint des sommets. Les investisseurs craignent donc que le marché ne se dirige vers une rotation, ou un rééquilibrage des portefeuilles, où les investisseurs se retirent des actifs plus risqués pour détenir des actifs sans risque, qui représentent une option de placement plus attrayante.

Comme décrit dans notre analyse précédente, la Fed a remonté ses taux d’intérêt en septembre pour la 8e fois depuis décembre 2015. Jerome Powell, gouverneur de la Réserve Fédérale, se dit optimiste sur la situation de l’emploi américaine, sur l’évolution de l’inflation vers l’objectif des 2 % et sur la solidité de la croissance aux Etats-Unis.

Les projections de la Fed ainsi que les commentaires de ses membres ont alimenté cette poussé des rendements au sein du marché obligataire. En effet, les investisseurs s’attendent désormais à un durcissement de la politique monétaire américaine au vue de la conjoncture économique favorable des Etats-Unis.

Par ailleurs, le président de la banque centrale de New York, John William, a déclaré la semaine dernière qu’il y avait encore « du chemin à faire » avant que la politique monétaire américaine (notamment les décisions concernant les taux d’intérêt) ralentisse l’économie de la 1ère puissance mondiale.

Il se pourrait donc que les taux remontent plus rapidement que prévu, ce qui rend les obligations beaucoup plus attractives que les actions, propulsant les rendements des obligations et faisant chuter le marché des actions.

Hier, l’indice de volatilité CBOE (le VIX, aussi appelé l’indice de la peur) a d’ailleurs progressé pour une 3e journée atteignant le niveau des 18. Généralement, le VIX augmente lorsque la nervosité des investisseurs s’intensifie et que le marché des actions baisse.

En Allemagne, le Dax évolue aujourd’hui sous le seuil important des 12 000 points, ce qui pourrait être le signal d’une baisse encore plus marquée. Le CAC 40, actuellement sous les 5 300 points, évolue désormais vers le bas d’un canal dans lequel il se situe depuis mai dernier.

CAC 40
CAC 40

Hier à la clôture, l’indice français entrait en territoire négatif sur l’année, abandonnant plus de 0,25 % sur 2018.

La semaine dernière les cours ont croisé la moyenne mobile à la baisse avec de longues bougies baissières (marubozu). Les prix de l’indice de référence français se situent également près de la bande inférieure des bandes de Bollinger avec un RSI sous le niveau des 50.

La baisse devrait se poursuivre vers le support à 5 246,5 points et la réaction des cours sur ce niveau sera importante pour déterminer la tendance pour la fin de l’année.

Les prix du pétrole au plus haut depuis 2014

Depuis novembre 2016, les membres de l’OPEP, ainsi que d’autres grands producteurs de pétrole comme la Russie, ont décidé de limiter la production d’or noir afin de réduire la surabondance mondiale et de soutenir le marché énergétique. Depuis, les prix du pétrole ont gagné près de 80%.

Après être tombé en dessous de 30 dollars le baril début 2016, le prix du pétrole a récemment atteint son plus haut niveau en 4 ans :

  • plus de 85 dollars le baril pour le Brent,
  • plus de 75 dollars le baril pour le West Texas Intermediate.

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La pression haussière sur le pétrole reste techniquement forte avec la sortie récente des prix d’un triangle ascendant* – figure généralement considérée comme une figure de continuation. La sortie du triangle confirme également la force du mouvement haussier car elle s’est faite avec une longue bougie verte – un marubozu.

Cette figure en chandelier japonais représente une longue bougie sans ombre. Dans notre cas, il s’agit d’un long marubozu vert, ce qui est un signal haussier clair car l’ouverture de la séance de trading se fait au niveau le plus bas et la clôture au plus haut.

Sur notre graphique journalier, on observe également que le RSI est en zone de surachat. Alors que les prix atteignent des plus hauts en 4 ans, il se pourrait que les traders cherchent à prendre leurs bénéfices et provoquent une petite correction technique.

*Un triangle ascendant est constitué d’une ligne de résistance et d’une ligne de tendance haussière. Avec cette figure, on observe qu’il y a un certain niveau que les acheteurs ne semblent pas pouvoir dépasser – la résistance. Cependant, on voit qu’ils commencent progressivement à pousser les prix vers le haut comme en témoignent les plus bas du plus en plus élevés – la ligne de tendance haussière.

Les prix vont-ils pouvoir continuer de grimper?

Bien que personne ne sache vraiment quelle quantité exacte de pétrole iranien sera retirée du marché une fois que les sanctions américaines commenceront le 4 novembre prochain, les prix du pétrole semblent grimper en raison des craintes accrues d’un resserrement de l’offre.

En effet, les ruptures d’approvisionnement représentent des facteurs ayant un fort impact sur le marché du pétrole, et ce peu importe leurs origines : sanctions, guerres, grèves, catastrophes naturelles, etc.

Il y a également certaines nouvelles concernant le fait que la Chine aurait décidé de réduire ses importations en provenance de l’Iran, ce qui ne fait qu’ajouter au sentiment haussier. L’Iran serait en effet le 5e fournisseur de pétrole de la Chine, où il exporterait plus d’un quart de sa production pétrolière.

D’après le journal Le Monde : « La Chine achète plus de pétrole africain, notamment angolais, pour compenser la baisse de son approvisionnement en gaz naturel américain. Elle se détache également du pétrole iranien, alors que pointent les sanctions américaines contre Téhéran. En 2017, 40 % du pétrole importé en Chine provenait du Moyen-Orient et 20 % d’Afrique. La part de cette dernière pourrait dès cette année atteindre 30 % ».

Que surveiller lorsque vous investissez sur le pétrole?

Si vous souhaitez vous concentrer sur le marché des matières premières, et particulièrement sur le trading du pétrole, il y a plusieurs facteurs à considérer pour investir intelligemment sur cet actif :

  • Suivre les décisions de l’OPEP qui, fondée dans les années 1960, exerce une influence considérable sur le marché du pétrole et l’économie mondiale, puisque ses membres représentent 40% de la production mondiale de pétrole et prennent des décisions pour orienter son prix et son offre
  • Savoir que les changements dans la relation entre l’offre et la demande sont fortement influencés par la dynamique économique, la croissance et les niveaux actuels des stocks de pétrole. Il faut surveiller de nombreuses statistiques comme les stocks américains publié par l’EIA ou encore le parc américain de puits de pétrole de Baker Hughes
  • Prendre en compte que le dollar américain et les prix du pétrole ont une corrélation négative, ce qui signifie qu’ils peuvent évoluer dans des directions opposées. Cette relation est due au fait que la plupart des matières premières sont libellés en USD
  • Se renseigner sur les risques géopolitiques qui peuvent surgir partout dans le monde, en particulier dans les grands pays producteurs de pétrole tels que le Venezuela, la Russie et les pays du Moyen-Orient, car ils perturbent souvent la production, ce qui tend à faire monter les prix
  • Connaître les décisions en provenance des Etats-Unis comme les pressions exercée récemment avec la loi anti-OPEP de 2007 du Congrès américain. Appelée « Nopec » (No oil producing and exporting cartels act), elle représenterait une loi contre les cartels produisant et exportant du pétrole ayant pour but de lever l’immunité souveraine de certains membres de l’OPEP dans le but de pouvoir les interdire de restreindre la production d’hydrocarbures.

La dette italienne pèse sur le CAC40

L’indice CAC 40 a perdu du terrain vendredi avec un secteur bancaire sous pression, lui-même affecté par la situation de la dette italienne qui atteint des niveaux supérieurs à celui du précédent exécutif.

Après avoir perdu 0,85 % vendredi, l’indice phare tricolore a commencé le dernier trimestre 2018 en légère hausse (+0,24 %) mais les valeurs financières françaises comme BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole étaient toujours en recul, limitant la timide avancée du CAC40.

L’annonce d’un accord sur un déficit à 2,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB) italien pour les trois prochaines années par la coalition populiste au pouvoir (M5S/Ligue) a eu l’effet d’une douche froide sur les marchés européens qui s’inquiètent du niveau d’endettement de la 3e puissance économique européenne.

L’Italie et le spectre d’une nouvelle crise de la dette

Pour les dirigeants européens la situation en Italie est critique et semble prendre la direction de celle vécue par la Grèce il y a quelques années.

Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne, a prévenu Rome que la situation n’était pas acceptable car ses projets de dépense budgétaire ne permettaient pas d’atteindre les objectifs de réduction de la dette publique italienne.

« L’Italie s’éloigne des objectifs budgétaires que nous avons approuvés en commun au niveau de l’UE. Je ne souhaite pas qu’après avoir surmonté la crise grecque, nous retombions dans la même crise en Italie. Une crise de ce genre nous a suffit », a déclaré Jean-Claude Juncker.

De son côté, le Commissaire Européen à l’Économie, Pierre Moscovici, a souligné l’importance pour les pays européens de respecter les règles budgétaires adoptées par l’Union Européenne. Lorsque le déficit budgétaire d’un membre de la Zone Euro est supérieur à 3% de son PIB, ou si sa dette dépasse 60% de son PIB sans diminuer de manière continue, alors l’Europe doit sévir.

D’après les statistiques d’Eurostat, l’Italie serait le pays avec la dette la plus importante de l’Union Européenne après la Grèce. En effet, la dette italienne excéderait 130% du PIB à la fin du premier trimestre 2018.

Une potentielle crise avec Bruxelles entrainerait une plus grande volatilité

La Commission Européenne qui doit examiner le projet du budget italien mi-octobre juge d’ores et déjà qu’il ne respectera pas les règles établies pour l’ensemble des membres de l’Union Européenne, ce qui ne semble pas déranger le gouvernement italien. Rome a deux semaines pour réviser son budget.

Matteo Salvini, vice-Premier ministre, a fait savoir que l’opinion de Bruxelles ne comptait pas et que si le projet de budget présenté par Rome était refusé, il le ferait « quand même ».

Ce bras de fer représente le « ras-le-bol » et la défiance de l’opinion italienne vis-à-vis des institutions européennes et de leurs règles, notamment sur les questions migratoires, budgétaires et économiques. Le but n’est pas de provoquer une sortie de l’euro, mais de faire en sorte que les élections européennes de mai 2019 portent au Parlement Européen davantage de députés partageant les idées souverainistes et anti-immigration de l’Italie.

Dans tous les cas, la volatilité sur les marchés pourrait donc s’intensifier car le bras de fer avec Bruxelles pourrait être sur le point de s’accélérer. L’euro et les indices boursiers européens pourraient fortement baisser dans les semaines à venir en fonction des mesures prises par Bruxelles, de la réaction du gouvernement italien et du spread entre les taux d’emprunt allemands et italiens.