Les banques centrales comme bouées de sauvetage

Beaucoup d’incertitude a entouré les marchés financiers ces derniers temps, car l’état d’esprit des investisseurs est resté coincé entre les développements de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, les signes multiples d’une récession imminente, l’affaire du Brexit, la situation politique de l’Italie ou même la dernière saison de publication des bénéfices des entreprises. Tous ces sujets ont fortement chahuté le sentiment d’appétit pour le risque cet été et les traders comptent maintenant sur les banques centrales pour soutenir les économies et apporter plus de paix à un environnement commercial incertain. Toutefois, des questions subsistent : que peuvent faire les banques centrales ? La BCE et la FED sont-elles sur la même longueur d’onde ? Que peut-on attendre de la prochaine réunion de Jackson Hole ?

Le début de l’année a montré un fort appétit des investisseurs pour les actifs risqués, mais ces temps semblent bien loin désormais. Le rallye boursier observé au cours du premier semestre 2019 s’est principalement construit sur l’espoir d’une résolution de la guerre commerciale entre les deux plus grandes économies du monde, mais nous sommes maintenant fin août et la relation entre les deux blocs ne semble pas près de s’orienter vers une solution équitable pour les deux nations.

De plus, les investisseurs sont de plus en plus préoccupés par les multiples effets négatifs que cette guerre commerciale a déjà eus sur les deux pays : le PIB américain (annualisé) Ralenti à 2,1 % au deuxième trimestre, la Chine a connu un ralentissement significatif de ses exportations ainsi que de la production manufacturière après que la production industrielle ait atteint son plus bas niveau en 17 ans en juillet. De plus, cette guerre commerciale a également eu de mauvaises conséquences sur d’autres pays : Le PIB de l’Allemagne a chuté de 0,1 % au deuxième trimestre, le Brésil a connu un ralentissement de la demande de matières premières de la part de la Chine et s’attend à une baisse des exportations vers les États-Unis tandis que les usines du Royaume-Uni continuent de souffrir d’une demande plus faible (même si le cas Brexit a également eu une influence significative).

Le seul levier haussier restant pour les actions provient des ajustements de politique monétaire des banques centrales, en particulier de la FED. Le sentiment de retour au risque s’est déjà renforcé début juillet, lorsque la BCE et la FED ont toutes deux fait preuve d’un surprenant volte-face en déclarant qu’elles allaient ” agir comme il convient ” pour soutenir l’économie. Depuis lors, la Réserve fédérale a déjà commencé à réduire ses taux de refinancement de 25 points de base, tandis que la BCE a récemment fourni aux investisseurs de nouvelles indications concernant une relance en septembre.

Qu’attendre des prochaines réunions de banques centrales ?

Même si les risques de récession s’accumulent, les banques centrales font tout ce qui est en leur pouvoir pour se prémunir d’une telle situation. Les mauvaises données économiques récentes n’ont pas eu d’impact significatif sur les cours boursiers dans la mesure où les marchés financiers sont maintenus artificiellement dans un état l’équilibre fragile, dans l’espoir de mesures de relance. Les investisseurs ont maintenant tous les yeux rivés sur les prochaines réunions de la FED et de la BCE avec une attention particulière sur ce qui va se passer pendant l’événement de Jackson Hole plus tard dans la semaine.

Alors que la probabilité des taux d’intérêt mondiaux montre que d’autres réductions sont déjà prévues et anticipées par le marché, les traders se concentreront sur la sémantique et le ton employé par Jérôme Powell et Mario Draghi lors des prochaines réunions, en particulier après que le président de la FED ait déclaré en juillet que les réductions actuelles devaient être incluses dans une ” politique d’ajustement de mi-cycle ” plus que dans un nouveau cycle clairement accommodant.

FED vs BCE

La situation pourrait même être pire pour la zone euro que pour les États-Unis, car les taux de directeurs sont encore en territoire négatif sur le vieux continent (-0,40). De son côté, la FED, en procédant à un nouveau cycle de hausse des taux jusqu’en 2016, s’est donné plus de flexibilité pour réagir à tout ralentissement de l’économie. Cependant, la BCE dispose d’autres armes pour soutenir la zone euro et la banque centrale travaillerait déjà sur un ” pack très important ” de mesures de relance (incluant des réductions de taux et des achats d’obligations) pour soutenir l’économie nationale.

Cela dit, il y a de fortes chances que la réunion de Jackson Hole de cette semaine soit un non-évènement, mais certainement entraînera une hausse de la volatilité sur marché, mais pas de direction claire pour les prix. Septembre devrait être un mois décisif pour les banques centrales, car leurs nouvelles mesures pour la fin de 2019 seront annoncées et la plupart des investisseurs seront de retour devant leurs écrans après la traditionnellement période estivale.

Pierre Veyret – Analyste Technique chez ActivTrades

Alliance entre Sony et Microsoft : Qu’en penser ?

L’action Sony bondit à l’avantage des investisseurs

Ce 16 mai, Sony a affolé les marchés en annonçant un rachat d’actions massif d’ici à mars 2020 ainsi qu’un nouveau partenariat avec Microsoft pour le domaine des jeux vidéo dans le cloud. Cette annonce a eu un effet immédiat sur le cours de l’action Sony entraînant un bond de près de 10%. Les investisseurs en position longue détenant des CFD sur Sony Corp. (TYO) ont certainement pu profiter de l’aubaine. Rappelons que grâce aux CFD, vous pouvez bénéficier d’un effet de levier. Il suffit pour cela de bloquer une fraction de votre position qu’on appelle la marge ou la couverture. Si vous souhaitez vous familiariser avec cette technique, consultez la page « taux de marge sur CFD : explication détaillée ».

Sony et Microsoft contre Google Stadia

Selon le communiqué officiel, le partenariat entre Microsoft et Sony a pour objectif le développement de solutions en ligne via Microsoft Azure afin de mettre en place des solutions de streaming de jeux et de contenus. Pour résumer, Sony pourra utiliser le cloud de Microsoft afin de proposer des jeux  vidéo en streaming. Quelques mois après l’annonce officielle par Google du lancement prochain de la plateforme Stadia, la guerre est belle et bien déclarée.

Épilogue de la guerre de consoles ?

Voilà un petit temps déjà que les consoles de jeu étaient en perte de vitesse. Les ventes ont en effet fortement diminué ces dernières années pour passer de 90 millions d’unités en 2008 à 45 millions en 2018. À l’exception notable de la Nintendo Switch, le lancement d’une nouvelle console ou d’un nouveau produit ne suffit plus à exciter les marchés. Les cours auraient même légèrement tendance à diminuer à chaque annonce comme l’explique bien le graphique ci-dessous.

Source : IG

Pour les investisseurs dans les domaines technologiqes, il est d’ailleurs intéressant de se pencher sur l’impact du lancement d’un produit sur le cours de l’action.

Néanmoins, si cette alliance annonce une vision stratégique commune pour l’avenir, les entreprises continueront également à travailler sur leurs propres consoles. La PlayStation 5 est d’ores et déjà attendue pour 2020. À l’heure actuelle, c’est Sony qui possède le titre de la console la plus vendue au monde avec sa PlayStation 2 vendue à près de 160 millions d’exemplaires selon le Guinness Book des records. En deuxième position, la Nintendo DS reste ultrapopulaire en particulier au Japon.

Source : IG

Le jeu en ligne, un marché compétitif

Si Google, Microsoft et Sony sont déjà dans la course du cloud gaming, beaucoup s’attendent à ce qu’Amazon cherche également à obtenir une part de gâteau. En effet, à ce jour toute la puissance de streaming en ligne est dans les mains d’Amazon (AMZN), Google (GOOGL) et Microsoft (MSFT). Et l’enjeu est de taille : selon Statista, la valeur du marché des jeux dans le cloud devrait connaître une croissance fulgurante dans les prochaines années passant de 45 millions de dollars en 2017 à 450 millions en 2023. Nul doute donc que Sony a su préserver à temps ses intérêts en s’alliant avec Microsoft. La grande inconnue pour la suite sera donc comment Nintendo se positionnera sur ce marché.

Comment l’élection de mi-mandat aux États-Unis peut-elle influencer les marchés financiers?

Historiquement, les élections de mi-mandat sont généralement défavorables au parti qui gouverne la Maison-Blanche. L’histoire sera-t-elle différente cette fois-ci ?

Les électeurs vont-ils décider que Donald Trump représente réellement l’Amérique ? Ou vont-ils, au contraire, donner une chance au camp des démocrates de remettre en cause la politique que Trump applique depuis deux ans ?

Alors que des millions d’électeurs américains doivent se rendre aux urnes mardi 6 novembre pour les élections de mi-mandat, la question que tout le monde se pose est de savoir si les républicains vont conserver leur majorité au Congrès.

Bien sûr, il ne s’agit pas de choisir un nouveau président des Etats-Unis mais l’impact de cette élection mi-mandat pourrait être tout aussi important.

Que signifient les « midterms » aux Etats-Unis ?

Les midterms représentent des élections qui ont lieu à la moitié du mandat présidentiel (d’où leur nom) et qui permettent à la population américaine d’élire les représentants de la Chambre des représentants et du Sénat.

Cette année, il faut élire 435 sièges à la Chambre des représentants (House), avec des membres qui se présentent tous les 2 ans, et 35 sièges au Sénat (Senate), qui compte 100 membres pour un mandat de 6 ans. Les électeurs vont également élire les gouverneurs de 36 États.

Mid Term Elections

Pourquoi cette élection est-elle importante?

Pour le Président Trump, l’enjeu principal est bien sûr de conserver le contrôle du Congrès et du Sénat car si les démocrates devenaient majoritaires, cela pourrait non seulement fortement affecter ses décisions pendant les 2 dernières années de son mandat, mais cela affecterait aussi la façon dont les dirigeants des autres puissances économiques mondiales le perçoivent.

En effet, si les républicains conservent la majorité avec de bonnes performances alors cela donnera l’impression que Trump a une réelle emprise sur son pays. Son programme « America First » aura davantage d’impact sur la scène internationale et il pourra continuer les changements qu’il souhaite opérer dans les relations entre les Etats-Unis et ses alliés de l’UE et de l’OTAN et défier encore plus la Chine sur des questions économiques et commerciales.

En revanche, si les démocrates venaient à prendre le contrôle de la Chambre des représentants ou du Sénat (voire des deux), Trump aurait l’air beaucoup plus faible sur la scène internationale et les autres puissances mondiales pourraient davantage faire valoir leurs propres intérêts face à un président préoccupé par des problèmes internes. En effet, son gouvernement pourrait être paralysé faute d’accord avec les démocrates ou à cause des nombreuses enquêtes que les démocrates souhaitent mener s’ils reprennent le pouvoir.

Quelles conséquences sur les marchés financiers?

D’après Goldman Sachs, il est peu probable que les conflits commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde (notamment la Chine) soient résolus dans un avenir proche quel que soit le résultat de ces élections de mi-mandat.

Pour la banque d’investissement américaine, l’absence de consensus sur la politique commerciale et le droit de veto du président laissent penser qu’aucun des deux partis n’est prêt à adopter des mesures positives. C’est aussi ce qui est pricé par le marché : une aggravation à venir concernant le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis augmentant ainsi la volatilité.

Les recherches de Goldman Sachs montrent que l’incertitude politique a atteint des niveaux historiquement élevés au cours des deux dernières années, mais elles montrent également que le niveau atteint lors de la période précédant les élections de cette année n’est pas nettement plus élevé.

La banque note que le marché se redresse généralement au 4e trimestre lorsqu’il y a des élections de mi-mandat car de nombreuses incertitudes se dissipent. Cette année, en revanche, la banque ne s’attend pas à ce que les doutes se dissipent. Elle pense au contraire que le désordre politique et les turbulences boursières vont s’intensifier, ce qui réduira les chances que l’histoire se répète.

Draghi conserve sa politique monétaire inchangée malgré les risques grandissants

Le gouverneur de la Banque Centrale Européenne (BCE), Mario Draghi, n’a pas permis à l’euro de se ressaisir jeudi dernier, alors qu’il a annoncé que l’institution était prête à continuer progressivement sa stratégie de durcissement monétaire.

En effet, les achats nets au titre du programme d’achats d’actifs de la BCE (APP ou Asset Purchase Programme), qui atteignent actuellement 15 milliards d’euros par mois jusque fin décembre 2018, devraient cesser à ce moment là si les données économiques montrent que les perspectives d’inflation à moyen terme suivent les prévisions et les objectifs de la BCE.

Actuellement, « les données disponibles, quoique légèrement en retrait des anticipations, restent globalement compatibles avec une poursuite de la croissance généralisée de l’économie de la zone euro et une hausse progressive des tensions inflationnistes » explique Mario Draghi lors de sa conférence de presse.

Pour l’institution européenne, « les risques pesant sur les perspectives de croissance de la zone euro peuvent encore être considérés comme globalement équilibrés » mais pour les investisseurs c’est une autre histoire.

Les marchés ne semblent pas vraiment convaincus, particulièrement avec les récentes données montrant une chute de l’activité à un plus bas en 25 mois et les nombreuses tensions entre l’Union Européenne et ses membres, notamment l’Italie et le Royaume-Uni.

Qu’attendre de l’EUR/USD cette semaine?

Alors qu’il y a 1 mois la paire EUR/USD formait un sommet à 1,1816 $ – son plus haut niveau depuis juin 2018, elle a depuis fortement chuté pour atteindre son plus bas niveau à 1,1335 $ vendredi dernier – niveau précédemment atteint lors de la forte baisse du mois d’août 2018.

Après avoir accéléré sa dégringolade vendredi, la paire EUR/USD a finalement terminé dans le vert effaçant les pertes de la séance du jour et celles de la journée de trading précédente.

Alors que le marché approchait de son plus bas niveau depuis août dernier, de nombreux investisseurs techniques sont entrés sur le marché vendredi autour de l’important niveau des 1,1335 $, ce qui a favorisé ce rebond. D’un point de vue fondamental, un rapport a montré que l’inflation américaine serait plus faible que ce que la Fed anticipe, ce qui a pesé sur le Dollar Américain et soutenu l’EUR/USD.

eurusd

La probabilité que les cours puissent « respirer » dans les prochains jours a augmenté vendredi avec le rebond, ce qui pourrait entrainer de nombreuses opportunités de trading.

Dans cette optique, les cours pourraient atteindre le haut du canal en direction des premières résistances à 1,1471 $ et 1,1537 $. À l’inverse, si les cours continuaient de baisser, ils évolueraient en direction des deux prochains supports à 1,1337 $ et 1,1284 $, ce qui pourrait ensuite accélérer leur chute.

Plusieurs statistiques à suivre cette semaine

Alors que les traders se demandent si les cours vont poursuivre leur recul ou si la paire va pouvoir relancer sa tendance, plusieurs indicateurs devraient entrainer une certaine volatilité sur les marchés et influencer les cours dans une direction ou dans l’autre :

  • Mardi 30 octobre – 11h00 : PIB de la Zone Euro – 3e trimestre
  • Mercredi 31 octobre – 11h00 : Inflation de la Zone Euro – Octobre
  • Vendredi 2 novembre – 14h30 : Rapport de l’emploi aux Etats-Unis (NFP, taux de chômage, évolution du salaire moyen, etc.)

Au niveau géopolitique, les traders suivront de près toute avancée concernant un accord sur le Brexit ou le nouveau budget italien, ainsi que la situation en Arabie Saoudite, celle des relations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine et les résultats des entreprises car ces évènements pèsent actuellement sur le sentiment, font baisser les bourses mondiales et influencent fortement les différentes devises.

Renault vs. Peugeot: Sur quelle valeur investir maintenant?

2017 a été une très bonne année pour les constructeurs et équipementiers automobiles du monde avec des records de revenus et de profitabilité. En France, Renault semble avoir fait mieux que Peugeot. D’après une étude publiée par Euler Hermès le mois dernier, la marge d’exploitation moyenne des fabricants d’automobile a atteint 5 % l’année dernière.

Cette année, les préoccupations des investisseurs autour du ralentissement des ventes mondiales, ainsi que les craintes liées aux perturbations en provenance du marché de la haute technologie incitent les investisseurs à la prudence. Ils analysent en détail les entreprises du secteur avant d’investir dans les actions des principaux constructeurs automobiles.

En ce moment, les actions du secteur automobile européen sont assez bon marché. L’indice Euro Stoxx 600 du secteur automobile européen (STOXX® Europe 600 Automobiles & Parts) est en baisse de plus de 23 % depuis le début de l’année, ce qui offre de nombreuses opportunités de trading.

Les traders souhaitant investir dans les entreprises du secteur automobile français peuvent le faire via Renault et Peugeot qui sont les deux constructeurs automobiles français favoris.

Mais quel est le meilleur choix en ce moment ?

Renault et Peugeot en terme de valorisation et de performance boursière

Renault VS Peugeot

D’après les données de Bloomberg, le PER (ratio cours sur bénéfices) de Peugeot est plus élevé que celui de Renault : 7,88 vs. 3,64. Comme ce ratio est équivalent au nombre de fois que le BPA (bénéfice net par action) est capitalisé dans le cours de l’action, il permet donc, dans notre cas, de comparer une société à ses pairs. Toujours d’après les données de Bloomberg, le BPA de Renault est plus élevé que celui de Peugeot : 17,33 vs. 2.42.

En terme relatifs, Peugeot est plus « chère » que Renault car son PER est plus élevé et son BPA est plus faible. Alors que Peugeot affiche un gain de plus de 12 % depuis le début de l’année, la performance boursière de Renault est proche de celle de l’indice européen puisqu’elle atteint les -24 %.

Devrait-on s’inquiéter d’une baisse des dividendes?

Alors que le dernier dividende déclaré a été de 0,53 EUR pour Peugeot, celui de Renault a atteint 3,55 EUR.

Lorsque l’on observe un tel rendement chez Renault, et que l’on sait que ce niveau de dividende n’a pas été atteint depuis 2007, il faut essayer de déterminer les chances que l’entreprise puisse réduise (ou non) ses paiements de dividendes dans le futur.

Les ventes d’automobiles sont cycliques, augmentant et diminuant avec la confiance des consommateurs et le niveau de leurs dépenses. Si l’on prend en considération que les constructeurs automobiles ont des coûts fixes assez élevés, alors il faut penser que leurs bénéfices sont également cycliques. Ils peuvent donc chuter et se transformer en pertes pendant les fins de cycles économiques et les récessions.

Étant donné l’état de l’expansion économique actuelle et les nombreux risques géopolitiques, il se peut que l’économie tombe en récession au cours des deux prochaines années, ce qui impacterait la distribution des dividendes.

Suivre la façon dont Renault utilise sa réserve de liquidité pourrait vous donner des indications sur une potentielle réduction du dividende car les lignes de crédit disponibles si ses réserves de liquidités sont épuisées ne servent généralement pas à payer des dividendes.

Alors en cas de ralentissement économique, si vous observez une baisse considérable des réserves de liquidités avant que les ventes de la société ne se redressent, vous pouvez penser qu’une potentielle réduction des dividendes est possible.

Renault ou Peugeot?

Cette semaine, le groupe PSA a publié ses chiffres pour le 3e trimestre 2018 : le chiffre d’affaires, en hausse de 7,8 %, est meilleur que celui attendu par les analystes : 15,4 milliards d’euros vs. 15,27 milliards. Les performances de la société sont soutenues par la récente arrivée d’Opel et Peugeot s’attend à ce que les performances du 2e semestre 2018 soient similaires à celle du 1e semestre.

De son côté, Renault a publié un chiffre d’affaires en baisse de 6 % au 3e trimestre à 11,48 milliards d’euros (contre une prévision de 12,17 milliards d’euros). Malgré cette baisse, l’entreprise a confirmé ses objectifs financiers pour l’année en cours. La société mentionne que cette baisse d’activité est notamment due aux effets de change négatifs sur d’importants marchés notamment sur le peso argentin, le réal brésilien, la livre turque et le rouble russe. Au final, le chiffre d’affaires ne diminue que de 1,4 % à taux de change et périmètre constants.

Lorsqu’un investisseur ou un trader choisit une entreprise dans laquelle investir, il le fait en ayant en tête la croissance future des bénéfices et le potentiel qu’à l’entreprise à gagner de nouvelles parts de marché (ou sa capacité à conserver ses parts de marché existantes).

Renault est davantage tourné vers des marchés internationaux comme l’Argentine, le Brésil, la Russie ou encore la Turquie, alors que Peugeot est une entreprise qui exporte majoritairement en Europe. Ainsi, le ralentissement du volume des ventes mondiale affecte davantage Renault que Peugeot, mais Renault a un plus grand rayonnement international, ce qui pourraient offrir plus d’opportunités de développement.

Le CAC 40 baisse de 10 % en un mois. L’Italie peut-elle intensifier cette chute?

Alors qu’il semblerait que le mois d’octobre soit statistiquement le mois pendant lequel l’indice parisien finit le moins dans le rouge, l’histoire montre également que lorsque le mois d’octobre est baissier, il l’est fortement. Lors de la crise des subprimes, le mois d’octobre 2008 avait vu le Cac 40 chuter de plus de 13 %.

L’indice phare français est tombé hier sous la barre symbolique des 5 000 points pour la 1ère fois cette année dans un volume de trading important, perdant 10 % depuis son sommet atteint il y a un mois et 12 % depuis son plus haut de l’année atteint en mai dernier. Au plus bas depuis mars 2017, hier représentait la 9ème séance de baisse en 10 jours pour le CAC 40.

cac

En pleine saison des résultats, les entreprises françaises déçoivent les investisseurs, notamment dans leurs perspectives, ce qui laisse penser que les craintes d’un ralentissement économique mondial sont bien fondées.

Le contexte des tensions géopolitiques entre Washington et Pékin, ou encore entre l’Arabie Saoudite et l’Occident, pèse également sur le sentiment, sans parler de la décision sans précédent de la Commission Européenne qui a rejeté hier le budget italien.

L’Italie doit présenter un nouveau budget d’ici 3 semaines

Le rejet du projet de budget 2019 de l’Italie est une mesure sans précédent contre un pays de la zone euro mais la Commission Européenne a affirmé que les objectifs du pays en matière de déficit et de croissance constituaient une menace importante pour la stabilité économique des pays de la Zone Euro. L’Italie dispose maintenant de 3 semaines pour présenter un budget révisé qui ne va pas « à l’encontre de ses engagements ».

Cette décision de l’Union Européenne intervient dans un contexte de problèmes économiques et politiques croissants en Italie. En effet, la coalition, formée par Matteo Salvini – ministre de l’intérieur italien et Luigi Di Maio – vice-premier ministre italien, a majoritairement été élue sur la promesse de redéfinir les relations de l’Italie avec l’Europe et elle pourrait donc considérer ce rejet comme une sorte de victoire.

Pour exister, l’actuel gouvernement italien a besoin d’ennemis et l’Europe joue ce rôle à la perfection avec ses règles de souveraineté et ses mesures d’austérité et de restriction. À la suite de la décision de la Commission, le vice-premier ministre italien a déclaré sur Facebook : « C’est le premier budget italien que l’UE n’aime pas. Je ne suis pas surpris. C’est le premier budget italien qui a été réalisé à Rome et non à Bruxelles ».

L’Italie – Un risque grandissant pour les marchés européens qui pèse également sur l’économie italienne

Au-delà de Rome et de Bruxelles, les investisseurs influencent également les marchés financiers et ont récemment envoyés les spreads obligataires italiens à des niveaux insoutenables.

Cette situation pourrait négativement impacter l’économie du pays, alors même que les deux partis populistes au pouvoir se sont toujours considérés comme les dirigeants qui feraient de l’Italie un pays qui ne serait plus dominé par les spreads…

Le spread peut augmenter même lorsque les taux d’emprunt baissent et l’élargissement du spread entre la dette italienne et allemande indique que les investisseurs pensent que la dette publique italienne est plus risquée qu’auparavant par rapport à la dette allemande considérée comme sûre.

Les craintes d’une propagation au reste de la Zone Euro impactent le sentiment des marchés

Cet élargissement du spread est une représentation de l’inquiétude des investisseurs vis-à-vis des perspectives d’un pays et pèse sur les marchés européens et sur l’Euro, tout comme le font les craintes d’une propagation au reste de la Zone Euro.

Au final, ce qui inquiète les investisseurs c’est la possibilité d’une sortie de la Zone Euro et c’est une question non négligeable surtout lorsque l’on voit comment les négociations autour de la sortie de la 2ème puissance européenne se passent.

Vendredi dernier, l’agence de notation Moody’s a décidé de baisser la note de l’Italie de « Baa2 » à « Baa3 » – niveau juste au-dessus de la catégorie spéculative qui signifie que le risque de non-remboursement est élevé. Pour Moody’s, « les projets de mesures budgétaires et économiques du gouvernement ne constituent pas un agenda cohérent de réformes qui pourront permettre de résoudre les problèmes de croissance décevante ».

L’Italie souhaite-t-elle réellement rester dans la Zone Euro ? Le gouvernement italien et les Italiens veulent-ils la même chose ?

Les discours du gouvernement italien et ses actions semblent parfois contradictoires.

Après avoir basé sa campagne sur les défauts de la monnaie unique et les nombreux désavantages liés au côté supranational de la Commission et des autres instances européennes, le gouvernement actuel dit ne pas vouloir quitter l’Europe ni l’Euro.

Mais alors que le ministre de l’économie et des finances italien, Giovanni Tria, a beaucoup bataillé pour convaincre les investisseurs que l’économie italienne était saine, l’objectif de déficit du budget adopté est plus élevé que ce qui est jugé acceptable par l’Europe surtout pour l’un des pays européens les plus endettés. D’après les statistiques d’Eurostat, l’Italie serait le pays avec la dette la plus importante de l’Union Européenne après la Grèce avec une dette qui excéderait 130% du PIB à la fin du 1er trimestre 2018.

Fiat purifie son portefeuille en vendant son équipementier Magneti Marelli

Avant sa mort, l’ancien patron du groupe Fiat Chrysler Automobile (FCA), Sergio Marchionne, avait décidé de « purifier » le portefeuille du groupe. L’une des étapes pour y arriver était la vente de l’une de ses filiales historiques : son équipementier Magneti Marelli.

C’est chose faite !

Son successeur, Michael Manley, n’a pas trainé pour finaliser l’opération lancée avant la mort de l’ancien patron de FCA.

Sous réserve de l’approbation des autorités de la concurrence, la vente devrait être bouclée début 2019 et rapporter 6,2 milliards d’euros au groupe. La filiale de FCA sera vendue au groupe japonais Calsonic Kansein, détenu par KKR – fonds d’investissement américain.

Création du 7e équipementier d’envergure mondiale

Magneti Marelli est un spécialiste de l’éclairage, des systèmes de transmission et des  équipements électroniques de pointe. C’est aussi une grande entreprise internationale avec plus de 40 000 employés dans 21 pays possédant plus de 85 usines et 14 centres de recherche. L’année dernière, l’équipementier avait réalisé 8,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

D’après Mike Manley, « cette association avec Calsonic Kansei est apparue comme une occasion idéale d’accélérer la croissance future de Magneti Marelli ». Dans un communiqué commun, les 3 entreprises ont ajouté que « la transaction représente une occasion unique pour combiner deux entreprises à succès, qui enregistrent à elles deux un chiffre d’affaires annuel de 15,2 milliards d’euros ». Le nouvel ensemble, baptisé Magneti Marelli-CK Holdings, pourrait devenir « le 7e fournisseur indépendant de composants automobiles au monde ».

Magneti Marelli CK Holdings sera dirigé par l’actuel PDG de Calsonic Kansei, Beda Bolzenius, qui a déclaré que « ces dernières années, notre industrie a traversé une période d’importants changements et la prochaine phase sera encore plus dynamique. Ensemble nous bénéficierons d’une présence géographique et de lignes de produits complémentaires ».

Quelles conséquences sur l’emploi en Italie ?

Alors que le siège social de Magneti Marelli est en Italie, de nombreux syndicats s’inquiètent de l’impact d’une telle vente sur les emplois du secteur.

Il y a une semaine, redoutant un impact négatif sur les effectifs de l’entreprise une fois celle-ci vendue, le syndicat métallurgiste italien Fiom avait demandé au gouvernement populiste d’intervenir dans ce projet de cession.

Hier, les réactions syndicales étaient plutôt positives puisque FCA s’est engagé dans un « partenariat de plusieurs années » avec la nouvelle entité, ce qui devrait maintenir le niveau de l’emploi dans les sites transalpins et du siège.

L’opération a été saluée en bourse car le titre termine en hausse de près de 3 %

L’opération a été saluée en bourse par un saut de 6 % en début d’après-midi – plus forte hausse de l’indice du secteur automobile européen qui ne gagnait que 0,85 % au même moment.

Les cours de FCA ont perdu un peu de momentum puisque le titre ne termine qu’à environ + 3 %. Malgré les risques de concurrence, les équipementiers européens ont également profité de la nouvelle comme Continental, Valeo, Faurecia, ou encore Plastic Omnium.

Les investisseurs semblent satisfaits du prix obtenu par la société. Cette vente va permettre de renforcer la trésorerie de FCA et qui sait, peut être pousser la société à des rachats d’actions. Cette opération rassure également les investisseurs quant à la capacité de la nouvelle direction à mener à bien des négociations et à conclure des accords fructueux.

Le rebond des marchés peut-il durer ? Attention à la fin de semaine…

Hier, les bourses mondiales ont rebondi grâce au sursaut de Wall Street qui a enregistré sa meilleure performance journalière depuis mars. Les indices américains et européens ont terminé en forte hausse, dopés par les très bons résultats des entreprises américaines.

Les grandes banques américaines semblent bien orientées avec Goldman Sachs et Morgan Stanley qui ont enregistré des résultats meilleurs que prévu. Johnson & Johnson, excellent indicateur des dépenses de consommation, a également publié des chiffres supérieurs aux attentes des investisseurs.

La session de trading de la veille a montré des investisseurs qui ont (plus ou moins) mis de côté leurs craintes et leurs angoisses vis-à-vis des incertitudes et des conséquences de la guerre commerciale, de la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis, de l’instabilité politique et d’un potentiel ralentissement des bénéfices à venir.

Les investisseurs, analystes et économistes sont actuellement divisés en deux écoles concernant la question du cycle économique et du cycle de marché dans lequel nous nous trouvons actuellement.

D’un côté, vous avez ceux qui pensent que, historiquement, nous devrions voir la fin d’un cycle expansionniste bientôt. Le marché haussier auquel nous faisons face, notamment aux États-Unis avec le 2e plus long mouvement haussier (bull market) de l’histoire, commence à s’estomper tout comme l’économie mondiale qui commence à s’essouffler.

D’un autre côté, vous avez les « taureaux » pour qui la hausse des marchés va continuer malgré le récent pic de volatilité observé sur les marchés. Pour eux, la guerre commerciale va se terminer de manière positive et sans réelle conséquence sur l’économie ni les marchés. Ils pensent également que les rachats d’actions, qui atteignent un niveau record, vont continuer après la publication des résultats

Dans tous les cas, la fin de semaine promet d’offrir de nouveaux mouvements de marché avec une potentielle augmentation de la volatilité.

Mercredi 17 octobre 20h – Compte-rendu du FOMC

Alors que la Réserve Fédérale Américaine (la Fed) a décidé d’augmenter l’objectif de ses taux directeurs pour la 8e fois depuis décembre 2015 il y a 2 semaines, les investisseurs analyseront son compte-rendu en détail pour décortiquer toute information concernant la direction de la politique monétaire américaine.

En effet, les informations les plus importantes concernent les projections économiques tout comme ce que les membres ont déclaré à propos de l’évolution future des hausses de taux. Si la Fed va trop vite dans son processus de normalisation de sa politique monétaire, les investisseurs craignent qu’elle ne fasse dérailler l’économie du pays ainsi que le marché haussier actuel.

Les investisseurs examineront également si les membres du FOMC ont parlé de la courbe des taux car actuellement les taux à court-terme ont tendance à être très proches des taux à long-terme. Lorsque les taux court-terme sont plus élevés que les taux à long-terme, on parle de courbe de rendement inversée (historiquement signe précurseur de récession économique).

Jeudi 18 octobre – Fin du Conseil Européen et Ouverture du Sommet de la Zone Euro 

Aujourd’hui s’ouvre le Conseil Européen de 2 jours pendant lequel les dirigeants de l’UE à 27 vont débattre du Brexit et de l’état des négociations avec le Royaume-Uni. Demain, le Conseil Européen discutera des questions de migration, de sécurité intérieure ou encore de relations extérieures.

Le Sommet de la Zone Euro réunit les membres de l’UE qui discuteront de « l’état d’avancement des négociations concernant l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) en vue du sommet de la zone euro de décembre ». De façon générale, ces sommets proposent des orientations stratégiques aux pays membres pour mener au mieux leurs politiques économiques.

Vendredi 19 octobre – Publication du PIB chinois pour le 3e trimestre

Le bilan de santé économique de la Chine va-t-il montrer un ralentissement de la croissance du PIB à la suite de la guerre commerciale qui a éclaté avec les États-Unis ? C’est ce que vont découvrir les investisseurs européens à leurs réveils.

Les économistes et traders seront à l’affût du moindre signes de ce que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a coûté à la 2e puissance mondiale lorsque la Chine publiera vendredi ses chiffres de croissance pour le trimestre de juillet à septembre 2018 et d’autres données financières essentielles.

En effet, les moteurs de croissance du pays en termes d’investissements, de dépenses de consommation et d’exportations étant proches de leur capacité maximale, on peut se demander dans quelle mesure les nouveaux tarifs douaniers vont représenter un défi pour les dirigeants chinois.

L’Europe sous pression pèse sur le CAC40

Alors que le CAC40 a tenté de rebondir vendredi, gagnant jusqu’à 1,13 % à 5 164,03 points en séance, il a abandonné ses gains en clôturant en baisse de 0,20 % légèrement sous les 5 100 points.

La semaine dernière a été particulièrement compliquée pour les bourses du monde entier et le CAC40 a perdu 4,91 % sur la semaine – sa pire performance hebdomadaire depuis février 2018.

Wall Street a repris de la hauteur vendredi notamment grâce aux valeurs technologiques, fortement malmenées la semaine dernière, alors que les publications de trois banques américaines (Citigroup, JP Morgan et Wells Fargo) ont lancé la saison des résultats du 3e trimestre 2018 aux Etats-Unis avec des chiffres meilleurs qu’anticipés.

 

CAC 40
CAC 40

Ce matin, l’indice phare français ne se laisse pas convaincre par le rebond de Wall Street et campe sur ses positions en ouverture. L’indice vedette de la cote parisienne, qui a amorcé un mouvement de correction après avoir touché les 5 530 points, semble rester orienté à la baisse sur le court terme.

Le CAC40 évolue actuellement sur les bandes de Bollinger inférieures et le RSI s’enfonce dans la zone de survente. En une semaine, l’indice français s’est très rapidement dirigé vers la borne basse du range dans lequel il évolue depuis le début de l’été.

Le 10 octobre dernier, l’indice sort du canal par le bas dans un fort mouvement baissier matérialisé par un marubozu. La pression vendeuse pourrait s’intensifier cette semaine avec les nombreux évènements qui pourraient fortement impacter les marchés mondiaux.

Parmi les entreprises françaises les plus pénalisées par cette baisse généralisée des marchés, on retrouvera des entreprises du secteur luxe comme Kering, Hermès et LVMH qui ont respectivement perdu 10,21 %, 7,32 % et 6,88 % sur les 5 derniers jours. En effet, ces entreprises pourraient souffrir d’un ralentissement de la demande en prévenance de Chine, acteur devenu déterminant pour leurs chiffres d’affaires et leurs performances boursières.

La grande banque américaine, Morgan Stanley, a d’ailleurs décidé de dégrader le secteur du luxe à « sous-pondérer » face aux risques grandissant d’un ralentissement de la dynamique de croissance tout privilégiant des valeurs de type « value » par rapport à des valeurs de type « growth ».

La volatilité devrait continuer sur les marchés

Les investisseurs sont toujours inquiets face à la dégradation probable de la croissance mondiale qui pourrait affecter le sentiment du marché. Le FMI, ou Fond Monétaire International, a récemment réduit ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale à 3,7 % en 2018 et 2019 (contre 3,9 % précédemment).

Les raisons évoquées pour justifier cette baisse concernent principalement les conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les craintes d’une nouvelle crise financière.

En effet, il y a de nombreux risques liés au niveau de l’endettement mondial qui pourrait menacer l’équilibre du système face à des pays qui auraient du mal à réagir face à de potentielles crises.

La semaine dernière, le président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, a émis des réserves sur les perspectives du Vieux Continent en déclarant que « des développements positifs pour la zone euro ne sont pas indépendants du rythme de croissance globale ».

Les traders ne veulent prendre aucun risque inutile alors que de nombreux évènements pourraient augmenter la volatilité et l’incertitude sur les marchés poussant les investisseurs à fuir le marché des actions pour investir dans des actifs moins risqués comme des obligations.

Cette semaine, de nombreux évènements doivent être surveillés en Europe comme les conséquences des législatives en Bavière, la situation en Italie et l’impasse politique liée au Brexit entre autres.

Discussions autour du Brexit : La pression augmente sur Theresa May

Cette semaine aura lieu le sommet européen pendant lequel des questions concernant la sortie du Royaume-Uni de l’Europe devraient être débattues augmentant ainsi la pression sur Theresa May.

En effet, il est important de trouver rapidement un accord pour l’après Brexit qui arrive à grands pas. Qu’en adviendra-t-il des échanges entre les deux Irlande ? Va-t-on assister à un hard Brexit ? Pourrait-on faire face à une absence d’accord ?

La situation de la dette italienne préoccupe

Comme tous les membres de la Zone Euro, l’Italie doit soumettre aujourd’hui à la Commission Européenne leur budget prévisionnel pour l’année 2019.

En revanche, le gouvernement italien ne semble pas avoir modifié son budget qui affiche toujours un déficit public de 2,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut). Bruxelles devrait donc entamer une période de « dialogue et de consultation » pour que l’Italie revienne en arrière et propose un nouveau budget.

Retoquer le budget italien aurait pour conséquence de déclencher une crise politique avec un gouvernement eurosceptique, ce qui pourrait fortement perturber l’évolution de la monnaie unique et entraîner les bourses européennes vers le bas.

Revers historique de la CSU en Bavière, parti conservateur allié d’Angela Merkel

Ce week-end, la chancelière allemande, Angela Merkel, au pouvoir depuis 13 ans, continue de subir l’essor de l’extrême droite et des verts qui fragilise davantage sa coalition avec les sociaux-démocrates.

Le résultat des élections régionales pourrait menacer la coalition de Merkel et même suggérer sa fin car la CDU/CSU pourrait céder le contrôle de l’Allemagne lors des élections de décembre pendant lesquelles Merkel souhaite être reconduite à la tête de son parti.

Ces changements dans le paysage politique allemand pourraient faire tomber le gouvernement actuel de la première puissance européenne et intensifier la crise de gouvernance de la Zone Euro qui devrait augmenter la volatilité de la monnaie unique, augmentant probablement la volatilité de la monnaie unique.

Krash boursier, correction ou « bear market »?

La semaine passée a certainement été une rude semaine pour les traders qui ont fait face à une situation plutôt chaotique sur les marchés. Ils se demandent d’ailleurs si une période de correction est en train de démarrer ou si les cours pourraient bientôt repartir vers le haut.

Comme le « sell-off » observé en février dernier, la cause principale de ce mouvement baissier est la hausse des rendements des bons du trésor américains à la suite de l’augmentation des taux de la Fed.

D’après le président américain, c’est de la faute de la Réserve Fédérale s’il y a actuellement un vent de panique qui souffle sur les Bourses mondiales. Il pense que « la Fed est devenue folle » et il a même ajouté qu’il est « en désaccord avec ce que fait la Fed ».

Quoiqu’il en soit, c’est bien cette décision de la Fed qui a entraîné à l’origine des rotations de portefeuilles avec des sorties de capitaux du marché des actions et des entrées de capitaux sur le marché obligataire. Certains indices boursiers entrent même en correction (ou en sont très proches).

Le CAC40 perd 4,08 % depuis le début de l’année

Malgré une tentative de rebond vendredi, grâce aux bons résultats des grandes banques américaines et la statistique du commerce extérieur de la Chine qui a été jugée rassurante par les marchés, la Bourse de Paris a terminé en légère baisse.

Le récent « sell-off » a entrainé une accélération du CAC40 vers le bas. L’indice phrase français a cédé 4,91 % sur la semaine et il perd désormais 4,08 % depuis le début de l’année.

Comme nous l’avons expliqué dans notre analyse précédente, les cours du CAC40 ont croisé la moyenne mobile à la baisse début octobre avec de longues bougies baissières (marubozu) tout en se dirigeant vers la bande inférieure de l’indicateur des bandes de Bollinger avec un RSI en baisse sous le niveau des 50.

La semaine dernière, les cours ont cassé le support du canal à 5 242,4 points avec un très long marubozu baissier poussant les cours hors du canal en direction des 5 048,8 points avec un RSI en zone de sur-vente sous les 30.

CAC 40
CAC 40

Doit-on s’attendre à un krash boursier ? Doit-on se préparer à vivre un « remake » du scénario de février 2018?

Le CAC 40 n’est qu’un exemple de la volatilité observée sur les marchés la semaine dernière.

La montée des indices de Wall Street vendredi dernier semble avoir été trop rapide pour de nombreux analystes. En effet, selon eux, les acheteurs à bon compte sont venus et ont poussé le marché vers le haut beaucoup trop rapidement. Les investisseurs devraient donc s’attendre a beaucoup de volatilité la semaine prochaine.

Si les bourses avaient pu repartir de l’avant au printemps après avoir chuté de leur plus hauts, les risques ne sont pas tout à fait les mêmes aujourd’hui notamment avec les tensions tensions commerciales qui pourraient affecter l’économie chinoise déjà en phase de ralentissement.

Il est donc important de rester prudent car de nombreux évènements peuvent augmenter davantage les incertitudes sur l’économie mondiale et la volatilité sur les marchés boursiers :

  • les dégâts provoqués par l’ouragan Michael en Floride,
  • les prévisions du niveau de la demande et de l’offre de pétrole dans le monde,
  • les conséquences des tensions commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde – particulièrement la Chine,
  • les incertitudes sur de croissance globale et les commentaires des grandes institutions mondiales,
  • les conséquences de la politique monétaire américaine qui, avec la hausse de ses taux, impacte fortement le marché obligataire, et par extension l’ensemble des classes d’actifs,
  • la déroute des marchés émergents comme la Turquie ou l’Argentine,
  • les résultats des négociations de l’Europe et du Royaume-Uni concernant le Brexit,
  • les incertitudes sur l’état des finances italiennes.