Comment l’élection de mi-mandat aux États-Unis peut-elle influencer les marchés financiers?

Historiquement, les élections de mi-mandat sont généralement défavorables au parti qui gouverne la Maison-Blanche. L’histoire sera-t-elle différente cette fois-ci ?

Les électeurs vont-ils décider que Donald Trump représente réellement l’Amérique ? Ou vont-ils, au contraire, donner une chance au camp des démocrates de remettre en cause la politique que Trump applique depuis deux ans ?

Alors que des millions d’électeurs américains doivent se rendre aux urnes mardi 6 novembre pour les élections de mi-mandat, la question que tout le monde se pose est de savoir si les républicains vont conserver leur majorité au Congrès.

Bien sûr, il ne s’agit pas de choisir un nouveau président des Etats-Unis mais l’impact de cette élection mi-mandat pourrait être tout aussi important.

Que signifient les « midterms » aux Etats-Unis ?

Les midterms représentent des élections qui ont lieu à la moitié du mandat présidentiel (d’où leur nom) et qui permettent à la population américaine d’élire les représentants de la Chambre des représentants et du Sénat.

Cette année, il faut élire 435 sièges à la Chambre des représentants (House), avec des membres qui se présentent tous les 2 ans, et 35 sièges au Sénat (Senate), qui compte 100 membres pour un mandat de 6 ans. Les électeurs vont également élire les gouverneurs de 36 États.

Mid Term Elections

Pourquoi cette élection est-elle importante?

Pour le Président Trump, l’enjeu principal est bien sûr de conserver le contrôle du Congrès et du Sénat car si les démocrates devenaient majoritaires, cela pourrait non seulement fortement affecter ses décisions pendant les 2 dernières années de son mandat, mais cela affecterait aussi la façon dont les dirigeants des autres puissances économiques mondiales le perçoivent.

En effet, si les républicains conservent la majorité avec de bonnes performances alors cela donnera l’impression que Trump a une réelle emprise sur son pays. Son programme « America First » aura davantage d’impact sur la scène internationale et il pourra continuer les changements qu’il souhaite opérer dans les relations entre les Etats-Unis et ses alliés de l’UE et de l’OTAN et défier encore plus la Chine sur des questions économiques et commerciales.

En revanche, si les démocrates venaient à prendre le contrôle de la Chambre des représentants ou du Sénat (voire des deux), Trump aurait l’air beaucoup plus faible sur la scène internationale et les autres puissances mondiales pourraient davantage faire valoir leurs propres intérêts face à un président préoccupé par des problèmes internes. En effet, son gouvernement pourrait être paralysé faute d’accord avec les démocrates ou à cause des nombreuses enquêtes que les démocrates souhaitent mener s’ils reprennent le pouvoir.

Quelles conséquences sur les marchés financiers?

D’après Goldman Sachs, il est peu probable que les conflits commerciaux entre les Etats-Unis et le reste du monde (notamment la Chine) soient résolus dans un avenir proche quel que soit le résultat de ces élections de mi-mandat.

Pour la banque d’investissement américaine, l’absence de consensus sur la politique commerciale et le droit de veto du président laissent penser qu’aucun des deux partis n’est prêt à adopter des mesures positives. C’est aussi ce qui est pricé par le marché : une aggravation à venir concernant le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis augmentant ainsi la volatilité.

Les recherches de Goldman Sachs montrent que l’incertitude politique a atteint des niveaux historiquement élevés au cours des deux dernières années, mais elles montrent également que le niveau atteint lors de la période précédant les élections de cette année n’est pas nettement plus élevé.

La banque note que le marché se redresse généralement au 4e trimestre lorsqu’il y a des élections de mi-mandat car de nombreuses incertitudes se dissipent. Cette année, en revanche, la banque ne s’attend pas à ce que les doutes se dissipent. Elle pense au contraire que le désordre politique et les turbulences boursières vont s’intensifier, ce qui réduira les chances que l’histoire se répète.

Le CAC 40 baisse de 10 % en un mois. L’Italie peut-elle intensifier cette chute?

Alors qu’il semblerait que le mois d’octobre soit statistiquement le mois pendant lequel l’indice parisien finit le moins dans le rouge, l’histoire montre également que lorsque le mois d’octobre est baissier, il l’est fortement. Lors de la crise des subprimes, le mois d’octobre 2008 avait vu le Cac 40 chuter de plus de 13 %.

L’indice phare français est tombé hier sous la barre symbolique des 5 000 points pour la 1ère fois cette année dans un volume de trading important, perdant 10 % depuis son sommet atteint il y a un mois et 12 % depuis son plus haut de l’année atteint en mai dernier. Au plus bas depuis mars 2017, hier représentait la 9ème séance de baisse en 10 jours pour le CAC 40.

cac

En pleine saison des résultats, les entreprises françaises déçoivent les investisseurs, notamment dans leurs perspectives, ce qui laisse penser que les craintes d’un ralentissement économique mondial sont bien fondées.

Le contexte des tensions géopolitiques entre Washington et Pékin, ou encore entre l’Arabie Saoudite et l’Occident, pèse également sur le sentiment, sans parler de la décision sans précédent de la Commission Européenne qui a rejeté hier le budget italien.

L’Italie doit présenter un nouveau budget d’ici 3 semaines

Le rejet du projet de budget 2019 de l’Italie est une mesure sans précédent contre un pays de la zone euro mais la Commission Européenne a affirmé que les objectifs du pays en matière de déficit et de croissance constituaient une menace importante pour la stabilité économique des pays de la Zone Euro. L’Italie dispose maintenant de 3 semaines pour présenter un budget révisé qui ne va pas « à l’encontre de ses engagements ».

Cette décision de l’Union Européenne intervient dans un contexte de problèmes économiques et politiques croissants en Italie. En effet, la coalition, formée par Matteo Salvini – ministre de l’intérieur italien et Luigi Di Maio – vice-premier ministre italien, a majoritairement été élue sur la promesse de redéfinir les relations de l’Italie avec l’Europe et elle pourrait donc considérer ce rejet comme une sorte de victoire.

Pour exister, l’actuel gouvernement italien a besoin d’ennemis et l’Europe joue ce rôle à la perfection avec ses règles de souveraineté et ses mesures d’austérité et de restriction. À la suite de la décision de la Commission, le vice-premier ministre italien a déclaré sur Facebook : « C’est le premier budget italien que l’UE n’aime pas. Je ne suis pas surpris. C’est le premier budget italien qui a été réalisé à Rome et non à Bruxelles ».

L’Italie – Un risque grandissant pour les marchés européens qui pèse également sur l’économie italienne

Au-delà de Rome et de Bruxelles, les investisseurs influencent également les marchés financiers et ont récemment envoyés les spreads obligataires italiens à des niveaux insoutenables.

Cette situation pourrait négativement impacter l’économie du pays, alors même que les deux partis populistes au pouvoir se sont toujours considérés comme les dirigeants qui feraient de l’Italie un pays qui ne serait plus dominé par les spreads…

Le spread peut augmenter même lorsque les taux d’emprunt baissent et l’élargissement du spread entre la dette italienne et allemande indique que les investisseurs pensent que la dette publique italienne est plus risquée qu’auparavant par rapport à la dette allemande considérée comme sûre.

Les craintes d’une propagation au reste de la Zone Euro impactent le sentiment des marchés

Cet élargissement du spread est une représentation de l’inquiétude des investisseurs vis-à-vis des perspectives d’un pays et pèse sur les marchés européens et sur l’Euro, tout comme le font les craintes d’une propagation au reste de la Zone Euro.

Au final, ce qui inquiète les investisseurs c’est la possibilité d’une sortie de la Zone Euro et c’est une question non négligeable surtout lorsque l’on voit comment les négociations autour de la sortie de la 2ème puissance européenne se passent.

Vendredi dernier, l’agence de notation Moody’s a décidé de baisser la note de l’Italie de « Baa2 » à « Baa3 » – niveau juste au-dessus de la catégorie spéculative qui signifie que le risque de non-remboursement est élevé. Pour Moody’s, « les projets de mesures budgétaires et économiques du gouvernement ne constituent pas un agenda cohérent de réformes qui pourront permettre de résoudre les problèmes de croissance décevante ».

L’Italie souhaite-t-elle réellement rester dans la Zone Euro ? Le gouvernement italien et les Italiens veulent-ils la même chose ?

Les discours du gouvernement italien et ses actions semblent parfois contradictoires.

Après avoir basé sa campagne sur les défauts de la monnaie unique et les nombreux désavantages liés au côté supranational de la Commission et des autres instances européennes, le gouvernement actuel dit ne pas vouloir quitter l’Europe ni l’Euro.

Mais alors que le ministre de l’économie et des finances italien, Giovanni Tria, a beaucoup bataillé pour convaincre les investisseurs que l’économie italienne était saine, l’objectif de déficit du budget adopté est plus élevé que ce qui est jugé acceptable par l’Europe surtout pour l’un des pays européens les plus endettés. D’après les statistiques d’Eurostat, l’Italie serait le pays avec la dette la plus importante de l’Union Européenne après la Grèce avec une dette qui excéderait 130% du PIB à la fin du 1er trimestre 2018.

Le rebond des marchés peut-il durer ? Attention à la fin de semaine…

Hier, les bourses mondiales ont rebondi grâce au sursaut de Wall Street qui a enregistré sa meilleure performance journalière depuis mars. Les indices américains et européens ont terminé en forte hausse, dopés par les très bons résultats des entreprises américaines.

Les grandes banques américaines semblent bien orientées avec Goldman Sachs et Morgan Stanley qui ont enregistré des résultats meilleurs que prévu. Johnson & Johnson, excellent indicateur des dépenses de consommation, a également publié des chiffres supérieurs aux attentes des investisseurs.

La session de trading de la veille a montré des investisseurs qui ont (plus ou moins) mis de côté leurs craintes et leurs angoisses vis-à-vis des incertitudes et des conséquences de la guerre commerciale, de la hausse des taux d’intérêt aux États-Unis, de l’instabilité politique et d’un potentiel ralentissement des bénéfices à venir.

Les investisseurs, analystes et économistes sont actuellement divisés en deux écoles concernant la question du cycle économique et du cycle de marché dans lequel nous nous trouvons actuellement.

D’un côté, vous avez ceux qui pensent que, historiquement, nous devrions voir la fin d’un cycle expansionniste bientôt. Le marché haussier auquel nous faisons face, notamment aux États-Unis avec le 2e plus long mouvement haussier (bull market) de l’histoire, commence à s’estomper tout comme l’économie mondiale qui commence à s’essouffler.

D’un autre côté, vous avez les « taureaux » pour qui la hausse des marchés va continuer malgré le récent pic de volatilité observé sur les marchés. Pour eux, la guerre commerciale va se terminer de manière positive et sans réelle conséquence sur l’économie ni les marchés. Ils pensent également que les rachats d’actions, qui atteignent un niveau record, vont continuer après la publication des résultats

Dans tous les cas, la fin de semaine promet d’offrir de nouveaux mouvements de marché avec une potentielle augmentation de la volatilité.

Mercredi 17 octobre 20h – Compte-rendu du FOMC

Alors que la Réserve Fédérale Américaine (la Fed) a décidé d’augmenter l’objectif de ses taux directeurs pour la 8e fois depuis décembre 2015 il y a 2 semaines, les investisseurs analyseront son compte-rendu en détail pour décortiquer toute information concernant la direction de la politique monétaire américaine.

En effet, les informations les plus importantes concernent les projections économiques tout comme ce que les membres ont déclaré à propos de l’évolution future des hausses de taux. Si la Fed va trop vite dans son processus de normalisation de sa politique monétaire, les investisseurs craignent qu’elle ne fasse dérailler l’économie du pays ainsi que le marché haussier actuel.

Les investisseurs examineront également si les membres du FOMC ont parlé de la courbe des taux car actuellement les taux à court-terme ont tendance à être très proches des taux à long-terme. Lorsque les taux court-terme sont plus élevés que les taux à long-terme, on parle de courbe de rendement inversée (historiquement signe précurseur de récession économique).

Jeudi 18 octobre – Fin du Conseil Européen et Ouverture du Sommet de la Zone Euro 

Aujourd’hui s’ouvre le Conseil Européen de 2 jours pendant lequel les dirigeants de l’UE à 27 vont débattre du Brexit et de l’état des négociations avec le Royaume-Uni. Demain, le Conseil Européen discutera des questions de migration, de sécurité intérieure ou encore de relations extérieures.

Le Sommet de la Zone Euro réunit les membres de l’UE qui discuteront de « l’état d’avancement des négociations concernant l’approfondissement de l’Union économique et monétaire (UEM) en vue du sommet de la zone euro de décembre ». De façon générale, ces sommets proposent des orientations stratégiques aux pays membres pour mener au mieux leurs politiques économiques.

Vendredi 19 octobre – Publication du PIB chinois pour le 3e trimestre

Le bilan de santé économique de la Chine va-t-il montrer un ralentissement de la croissance du PIB à la suite de la guerre commerciale qui a éclaté avec les États-Unis ? C’est ce que vont découvrir les investisseurs européens à leurs réveils.

Les économistes et traders seront à l’affût du moindre signes de ce que la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a coûté à la 2e puissance mondiale lorsque la Chine publiera vendredi ses chiffres de croissance pour le trimestre de juillet à septembre 2018 et d’autres données financières essentielles.

En effet, les moteurs de croissance du pays en termes d’investissements, de dépenses de consommation et d’exportations étant proches de leur capacité maximale, on peut se demander dans quelle mesure les nouveaux tarifs douaniers vont représenter un défi pour les dirigeants chinois.

L’Europe sous pression pèse sur le CAC40

Alors que le CAC40 a tenté de rebondir vendredi, gagnant jusqu’à 1,13 % à 5 164,03 points en séance, il a abandonné ses gains en clôturant en baisse de 0,20 % légèrement sous les 5 100 points.

La semaine dernière a été particulièrement compliquée pour les bourses du monde entier et le CAC40 a perdu 4,91 % sur la semaine – sa pire performance hebdomadaire depuis février 2018.

Wall Street a repris de la hauteur vendredi notamment grâce aux valeurs technologiques, fortement malmenées la semaine dernière, alors que les publications de trois banques américaines (Citigroup, JP Morgan et Wells Fargo) ont lancé la saison des résultats du 3e trimestre 2018 aux Etats-Unis avec des chiffres meilleurs qu’anticipés.

 

CAC 40
CAC 40

Ce matin, l’indice phare français ne se laisse pas convaincre par le rebond de Wall Street et campe sur ses positions en ouverture. L’indice vedette de la cote parisienne, qui a amorcé un mouvement de correction après avoir touché les 5 530 points, semble rester orienté à la baisse sur le court terme.

Le CAC40 évolue actuellement sur les bandes de Bollinger inférieures et le RSI s’enfonce dans la zone de survente. En une semaine, l’indice français s’est très rapidement dirigé vers la borne basse du range dans lequel il évolue depuis le début de l’été.

Le 10 octobre dernier, l’indice sort du canal par le bas dans un fort mouvement baissier matérialisé par un marubozu. La pression vendeuse pourrait s’intensifier cette semaine avec les nombreux évènements qui pourraient fortement impacter les marchés mondiaux.

Parmi les entreprises françaises les plus pénalisées par cette baisse généralisée des marchés, on retrouvera des entreprises du secteur luxe comme Kering, Hermès et LVMH qui ont respectivement perdu 10,21 %, 7,32 % et 6,88 % sur les 5 derniers jours. En effet, ces entreprises pourraient souffrir d’un ralentissement de la demande en prévenance de Chine, acteur devenu déterminant pour leurs chiffres d’affaires et leurs performances boursières.

La grande banque américaine, Morgan Stanley, a d’ailleurs décidé de dégrader le secteur du luxe à « sous-pondérer » face aux risques grandissant d’un ralentissement de la dynamique de croissance tout privilégiant des valeurs de type « value » par rapport à des valeurs de type « growth ».

La volatilité devrait continuer sur les marchés

Les investisseurs sont toujours inquiets face à la dégradation probable de la croissance mondiale qui pourrait affecter le sentiment du marché. Le FMI, ou Fond Monétaire International, a récemment réduit ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale à 3,7 % en 2018 et 2019 (contre 3,9 % précédemment).

Les raisons évoquées pour justifier cette baisse concernent principalement les conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine ainsi que les craintes d’une nouvelle crise financière.

En effet, il y a de nombreux risques liés au niveau de l’endettement mondial qui pourrait menacer l’équilibre du système face à des pays qui auraient du mal à réagir face à de potentielles crises.

La semaine dernière, le président de la Banque Centrale Européenne, Mario Draghi, a émis des réserves sur les perspectives du Vieux Continent en déclarant que « des développements positifs pour la zone euro ne sont pas indépendants du rythme de croissance globale ».

Les traders ne veulent prendre aucun risque inutile alors que de nombreux évènements pourraient augmenter la volatilité et l’incertitude sur les marchés poussant les investisseurs à fuir le marché des actions pour investir dans des actifs moins risqués comme des obligations.

Cette semaine, de nombreux évènements doivent être surveillés en Europe comme les conséquences des législatives en Bavière, la situation en Italie et l’impasse politique liée au Brexit entre autres.

Discussions autour du Brexit : La pression augmente sur Theresa May

Cette semaine aura lieu le sommet européen pendant lequel des questions concernant la sortie du Royaume-Uni de l’Europe devraient être débattues augmentant ainsi la pression sur Theresa May.

En effet, il est important de trouver rapidement un accord pour l’après Brexit qui arrive à grands pas. Qu’en adviendra-t-il des échanges entre les deux Irlande ? Va-t-on assister à un hard Brexit ? Pourrait-on faire face à une absence d’accord ?

La situation de la dette italienne préoccupe

Comme tous les membres de la Zone Euro, l’Italie doit soumettre aujourd’hui à la Commission Européenne leur budget prévisionnel pour l’année 2019.

En revanche, le gouvernement italien ne semble pas avoir modifié son budget qui affiche toujours un déficit public de 2,4 % du PIB (Produit Intérieur Brut). Bruxelles devrait donc entamer une période de « dialogue et de consultation » pour que l’Italie revienne en arrière et propose un nouveau budget.

Retoquer le budget italien aurait pour conséquence de déclencher une crise politique avec un gouvernement eurosceptique, ce qui pourrait fortement perturber l’évolution de la monnaie unique et entraîner les bourses européennes vers le bas.

Revers historique de la CSU en Bavière, parti conservateur allié d’Angela Merkel

Ce week-end, la chancelière allemande, Angela Merkel, au pouvoir depuis 13 ans, continue de subir l’essor de l’extrême droite et des verts qui fragilise davantage sa coalition avec les sociaux-démocrates.

Le résultat des élections régionales pourrait menacer la coalition de Merkel et même suggérer sa fin car la CDU/CSU pourrait céder le contrôle de l’Allemagne lors des élections de décembre pendant lesquelles Merkel souhaite être reconduite à la tête de son parti.

Ces changements dans le paysage politique allemand pourraient faire tomber le gouvernement actuel de la première puissance européenne et intensifier la crise de gouvernance de la Zone Euro qui devrait augmenter la volatilité de la monnaie unique, augmentant probablement la volatilité de la monnaie unique.

Krash boursier, correction ou « bear market »?

La semaine passée a certainement été une rude semaine pour les traders qui ont fait face à une situation plutôt chaotique sur les marchés. Ils se demandent d’ailleurs si une période de correction est en train de démarrer ou si les cours pourraient bientôt repartir vers le haut.

Comme le « sell-off » observé en février dernier, la cause principale de ce mouvement baissier est la hausse des rendements des bons du trésor américains à la suite de l’augmentation des taux de la Fed.

D’après le président américain, c’est de la faute de la Réserve Fédérale s’il y a actuellement un vent de panique qui souffle sur les Bourses mondiales. Il pense que « la Fed est devenue folle » et il a même ajouté qu’il est « en désaccord avec ce que fait la Fed ».

Quoiqu’il en soit, c’est bien cette décision de la Fed qui a entraîné à l’origine des rotations de portefeuilles avec des sorties de capitaux du marché des actions et des entrées de capitaux sur le marché obligataire. Certains indices boursiers entrent même en correction (ou en sont très proches).

Le CAC40 perd 4,08 % depuis le début de l’année

Malgré une tentative de rebond vendredi, grâce aux bons résultats des grandes banques américaines et la statistique du commerce extérieur de la Chine qui a été jugée rassurante par les marchés, la Bourse de Paris a terminé en légère baisse.

Le récent « sell-off » a entrainé une accélération du CAC40 vers le bas. L’indice phrase français a cédé 4,91 % sur la semaine et il perd désormais 4,08 % depuis le début de l’année.

Comme nous l’avons expliqué dans notre analyse précédente, les cours du CAC40 ont croisé la moyenne mobile à la baisse début octobre avec de longues bougies baissières (marubozu) tout en se dirigeant vers la bande inférieure de l’indicateur des bandes de Bollinger avec un RSI en baisse sous le niveau des 50.

La semaine dernière, les cours ont cassé le support du canal à 5 242,4 points avec un très long marubozu baissier poussant les cours hors du canal en direction des 5 048,8 points avec un RSI en zone de sur-vente sous les 30.

CAC 40
CAC 40

Doit-on s’attendre à un krash boursier ? Doit-on se préparer à vivre un « remake » du scénario de février 2018?

Le CAC 40 n’est qu’un exemple de la volatilité observée sur les marchés la semaine dernière.

La montée des indices de Wall Street vendredi dernier semble avoir été trop rapide pour de nombreux analystes. En effet, selon eux, les acheteurs à bon compte sont venus et ont poussé le marché vers le haut beaucoup trop rapidement. Les investisseurs devraient donc s’attendre a beaucoup de volatilité la semaine prochaine.

Si les bourses avaient pu repartir de l’avant au printemps après avoir chuté de leur plus hauts, les risques ne sont pas tout à fait les mêmes aujourd’hui notamment avec les tensions tensions commerciales qui pourraient affecter l’économie chinoise déjà en phase de ralentissement.

Il est donc important de rester prudent car de nombreux évènements peuvent augmenter davantage les incertitudes sur l’économie mondiale et la volatilité sur les marchés boursiers :

  • les dégâts provoqués par l’ouragan Michael en Floride,
  • les prévisions du niveau de la demande et de l’offre de pétrole dans le monde,
  • les conséquences des tensions commerciales entre les Etats-Unis et le reste du monde – particulièrement la Chine,
  • les incertitudes sur de croissance globale et les commentaires des grandes institutions mondiales,
  • les conséquences de la politique monétaire américaine qui, avec la hausse de ses taux, impacte fortement le marché obligataire, et par extension l’ensemble des classes d’actifs,
  • la déroute des marchés émergents comme la Turquie ou l’Argentine,
  • les résultats des négociations de l’Europe et du Royaume-Uni concernant le Brexit,
  • les incertitudes sur l’état des finances italiennes.

De quelles façons la crise italienne peut-elle affecter l’économie française?

Potentiel de croissance limité, remontée des taux d’intérêt, endettement massif, gouvernement instable et provocateur, créances douteuses, chômage massif… l’Italie semble représenter un risque majeur pour l’Union Européenne et pour la France ! Quelles conséquences pourraient avoir la crise de la dette italienne sur l’économie de l’Hexagone ?

Le FMI baisse ses prévisions de croissance pour l’économie mondiale et italienne

Les prévisions de croissance du Fond Monétaire International (FMI) montre que l’économie mondiale commence à s’essouffler, ce qui pourrait peser sur l’économie de nombreux pays européens, dont la France.

L’institution a revu à la baisse ses prévisions pour la croissance mondiale de 2018 et 2019 : 3,7 % contre 3,9 % précédemment.

Les principaux risques évoqués sont les conséquences de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi les inquiétudes concernant l’incapacité des gouvernements à réagir face aux crises potentielles auxquelles ils pourraient avoir à faire face.

Le FMI a abaissé ses prévisions de croissance pour la France à 1,6 % en 2018 et 2019, notamment face à une « demande extérieure plus modérée ».

Pour l’Italie, les prévisions restent inchangées à 1,2 % en 2018 et 1 % en 2019, mais ces prévisions restent plus faibles que celles prises en compte à Rome dans l’établissement de son budget. En effet, l’Italie a basé son budget sur une croissance de 1,5 % en 2019, 1,6 % en 2020 et 1,4 % en 2021.

L’Italie va-t-elle pourvoir élever son potentiel de croissance?

L’économie italienne doit faire face à de nombreux maux : une croissance structurelle faible, un chômage massif, un problème de compétitivité-coût, une dette colossale, un potentiel de croissance limité, peu de dynamique au niveau de sa productivité, etc.

Le risque majeur actuel concerne les conséquences de la mise en œuvre du programme de la nouvelle coalisation entre la Ligue et le M5S qui pourrait affecter l’économie italienne en remettant en cause la soutenabilité de sa dette.

En effet, le cœur du problème reste la faiblesse de la croissance italienne car les petites entreprises familiales, qui représentent le tissu économique de l’Italie, peinent à faire le poids face à une concurrence accrue, plus innovante et plus moderne.

Associée à une dette italienne importante, qui représente plus de 130 % du PIB malgré certains efforts budgétaires importants mis en place par Rome depuis les crises de 2008 et 2010, la faiblesse de la croissance ne permet pas de réduire la dette publique italienne.

Le FMI a récemment demandé au gouvernement italien « de maintenir les réformes faites sur les retraites et le marché du travail » car « une marche arrière sur les réformes ou la mise en œuvre de politiques qui nuiraient à la soutenabilité de la dette déclencherait une forte hausse du spread » a déclaré l’institution.

Rome reste une source d’instabilité pour les marchés

Pour les intervenants du marché, l’Italie reste une source d’incertitude qui pèse sur l’euro et sur les marchés, et dont les risques pourraient s’étendre aux autres économies européennes comme la France.

Le spread, qui représente l’écart entre les taux d’emprunt à long terme de l’Italie et de l’Allemagne, reste plus élevé qu’avant la formation du gouvernement italien anti-système.

L’augmentation récente des taux d’intérêt à 10 ans montre que les investisseurs réclament une prime de risque face à un degré d’incertitude et de risque plus élevé, ce qui alourdit à terme davantage la charge de la dette italienne. Hier, il a atteint 315 points à la mi-journée avant de se resserrer – son plus haut niveau depuis avril 2013.

En cas d’aggravation de la crise italienne, un phénomène de contagion pourrait gagner la France

Une remontée généralisée des taux à long terme pèserait sur la croissance de l’ensemble de la zone euro, dont la France. En effet, son profil est proche de celui de l’Italie avec un endettement important, un excès de dépenses publiques, un problème de compétitivité et d’investissement des entreprises, ce qui signifie que l’économie française ne serait pas épargnée.

Les banques françaises pourraient subir l’augmentation de l’emprunt d’Etat italien à 10 ans qui est passé de 2,842 % le 26 septembre 2018 à 3,57 % le 8 octobre dernier. En effet, ces établissements bancaires sont souvent des créanciers importants de l’Italie.

Les banques françaises pourraient avoir une exposition cumulée de près de 30 milliards d’euros notamment via leurs filiales locales, ce qui pourrait fortement faire baisser le cours des valeurs bancaires à la Bourse de Paris.

En effet, on ne peut pas exclure le risque que la capacité de remboursement de Rome diminue fortement au point de disparaître. Bien sûr, la Banque Centrale Européenne interviendrait certainement dans une telle situation avec certains programmes (programme de rachat de dette (QE) ou opérations monétaires sur titres (OMT)) pour contenir les risques.

Actuellement, la France bénéficie d’une certaine « complaisance » de la part des marchés car le taux d’intérêt de l’emprunt de la France à 10 ans atteint 0,897 % quand celui de l’Italie évolue au-dessus de 3,57 %.

Cependant, une remontée généralisée et continue des taux d’intérêt à long terme en Zone Euro pourrait entrainer une contagion de la crise italienne vers l’économie française, ce qui affecterait sa croissance et son déficit.

L’Italie se dirige-t-elle vers une nouvelle crise grecque ? Se dirige-t-on vers une nouvelle crise de l’euro ? L’Euro serait-il en train de détruire l’Europe ? Peut-on parler d’Italexit?

Les investisseurs continueront de surveiller les réactions de l’Italie et de Bruxelles concernant cette situation de dérapage budgétaire ainsi que tout questionnement et remise en cause de la Zone Euro et son fonctionnement.

La hausse des rendements obligataires pèse sur les marchés mondiaux

Les actions chinoises ont connu leur pire journée hier depuis plus de trois mois. Alors que les investisseurs revenaient sur les marchés après une semaine de vacances nationales, ils ont entrainé la majorité des indices boursiers mondiaux à la baisse – sans parler de la forte hausse des rendements obligataires américains.

Les principaux indices boursiers mondiaux sont sous pression avec la hausse des taux d’intérêt aux Etats-Unis qui représente un élément défavorable aux actifs risqués comme les actions. Ce matin, les bourses européennes ont tenté de rebondir après une journée terminée dans le rouge lundi mais la légère hausse est difficile à tenir.

En effet, après le récent sell-off sur le marché obligataire, les rendements du Trésor Américain ont atteint des sommets. Les investisseurs craignent donc que le marché ne se dirige vers une rotation, ou un rééquilibrage des portefeuilles, où les investisseurs se retirent des actifs plus risqués pour détenir des actifs sans risque, qui représentent une option de placement plus attrayante.

Comme décrit dans notre analyse précédente, la Fed a remonté ses taux d’intérêt en septembre pour la 8e fois depuis décembre 2015. Jerome Powell, gouverneur de la Réserve Fédérale, se dit optimiste sur la situation de l’emploi américaine, sur l’évolution de l’inflation vers l’objectif des 2 % et sur la solidité de la croissance aux Etats-Unis.

Les projections de la Fed ainsi que les commentaires de ses membres ont alimenté cette poussé des rendements au sein du marché obligataire. En effet, les investisseurs s’attendent désormais à un durcissement de la politique monétaire américaine au vue de la conjoncture économique favorable des Etats-Unis.

Par ailleurs, le président de la banque centrale de New York, John William, a déclaré la semaine dernière qu’il y avait encore « du chemin à faire » avant que la politique monétaire américaine (notamment les décisions concernant les taux d’intérêt) ralentisse l’économie de la 1ère puissance mondiale.

Il se pourrait donc que les taux remontent plus rapidement que prévu, ce qui rend les obligations beaucoup plus attractives que les actions, propulsant les rendements des obligations et faisant chuter le marché des actions.

Hier, l’indice de volatilité CBOE (le VIX, aussi appelé l’indice de la peur) a d’ailleurs progressé pour une 3e journée atteignant le niveau des 18. Généralement, le VIX augmente lorsque la nervosité des investisseurs s’intensifie et que le marché des actions baisse.

En Allemagne, le Dax évolue aujourd’hui sous le seuil important des 12 000 points, ce qui pourrait être le signal d’une baisse encore plus marquée. Le CAC 40, actuellement sous les 5 300 points, évolue désormais vers le bas d’un canal dans lequel il se situe depuis mai dernier.

CAC 40
CAC 40

Hier à la clôture, l’indice français entrait en territoire négatif sur l’année, abandonnant plus de 0,25 % sur 2018.

La semaine dernière les cours ont croisé la moyenne mobile à la baisse avec de longues bougies baissières (marubozu). Les prix de l’indice de référence français se situent également près de la bande inférieure des bandes de Bollinger avec un RSI sous le niveau des 50.

La baisse devrait se poursuivre vers le support à 5 246,5 points et la réaction des cours sur ce niveau sera importante pour déterminer la tendance pour la fin de l’année.

Comment profiter de la guerre commerciale?

Alors que les Etats-Unis ont institué des droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium en mars dernier pour relancer la consommation de la production américaine, de nombreux investisseurs se demandent comment se positionner et protéger leurs portefeuilles d’investissements pour profiter au mieux de cette guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine (mais aussi le reste du monde).

Aux Etats-Unis, les entreprises nationales qui utilisent de l’acier et de l’aluminium importés pour fabriquer leurs produits doivent maintenant faire face à des coûts de production plus élevés.

Ils ont alors deux options : soit répercuter cette hausse des coûts sur les consommateurs et potentiellement réduire leurs parts de marché, soit conserver leurs prix actuels et donc réduire leurs marges.

De même, les exportateurs de ces matières premières doivent faire face à une situation où leurs produits se retrouvent désormais en position de désavantage en matière de prix.

Ils doivent donc s’adapter à des ventes plus faibles en conservant leurs prix ou à des marges réduites s’ils abaissent leurs prix pour compenser les droits de douane.

Les mesures protectionnistes des Etats-Unis touchent la majorité de ses partenaires commerciaux

Avec l’escalade des mesures protectionnistes sino-américaines, plusieurs pays ont décidé de mettre en place des mesures en représailles aux droits de douane américains et chinois.

Certains stratèges ont alors conseillé aux investisseurs de rechercher des opportunités auprès des ETFs et des devises des marchés émergents.

En effet, ils ont fortement été affectés par cette situation et offrent maintenant des valorisations très attractives notamment sur la base du ratio cours/flux de trésorerie.

Certains secteurs d’activité sont plus touchés que d’autres

Aux Etats-Unis et en Europe, certains secteurs sont plus protégés que d’autres notamment les secteurs domestiques comme la construction, le secteur financier, les loisirs ou encore les services aux particuliers.

D’autres, en revanche, sont pénalisés directement ou indirectement par cette situation en fonction du chiffre d’affaires qu’ils font à l’international, notamment aux Etats-Unis ou en Chine. On pensera aux secteurs de l’automobile, du luxe, de la sidérurgie et de l’aéronautique.

Attention, la guerre commerciale n’est pas terminée

Certains analystes s’attendent à de nouvelles répercussions encore plus négatives – bien que la majorité des conséquences liées à la guerre commerciale aient déjà été intégrées par le marché, particulièrement dans le cours des actions étrangères et des actions américaines à fortes capitalisations boursières.

Il est également possible qu’à la moindre perspective d’accords plus favorables dans cette guerre commerciale, les secteurs sous-performants du marché mondial commencent à rebondir pour rattraper leurs retards.

À quoi faut-il penser avant d’inclure une entreprise dans son portefeuille ?

Au final, on se doute que les actions des grandes sociétés américaines (ayant en moyenne plus de 50% de leurs relations commerciales avec des marchés internationaux) seront les entreprises les plus touchées.

Avant d’investir dans les actions européennes, il est donc important de savoir en détail quelle est la proportion des profits et des chiffres d’affaires issue des Etats-Unis.

À l’inverse, si vous souhaitez investir dans des entreprises américaines, il conviendra de connaître d’abord la proportion des revenus issue des marchés internationaux.

Les entreprises locales (ou domestiques) seront forcément moins exposées à l’escalade du dialogue commercial car elles ne sont pas sensibles aux flux internationaux, ce qui pourrait en faire un investisseur assez défensif.

Dans tous les cas, la diversification est le meilleur moyen de protéger son portefeuille d’investissement pour profiter au maximum de cette guerre commerciale.

La dette italienne pèse sur le CAC40

L’indice CAC 40 a perdu du terrain vendredi avec un secteur bancaire sous pression, lui-même affecté par la situation de la dette italienne qui atteint des niveaux supérieurs à celui du précédent exécutif.

Après avoir perdu 0,85 % vendredi, l’indice phare tricolore a commencé le dernier trimestre 2018 en légère hausse (+0,24 %) mais les valeurs financières françaises comme BNP Paribas, Société Générale ou Crédit Agricole étaient toujours en recul, limitant la timide avancée du CAC40.

L’annonce d’un accord sur un déficit à 2,4 % du Produit Intérieur Brut (PIB) italien pour les trois prochaines années par la coalition populiste au pouvoir (M5S/Ligue) a eu l’effet d’une douche froide sur les marchés européens qui s’inquiètent du niveau d’endettement de la 3e puissance économique européenne.

L’Italie et le spectre d’une nouvelle crise de la dette

Pour les dirigeants européens la situation en Italie est critique et semble prendre la direction de celle vécue par la Grèce il y a quelques années.

Jean-Claude Junker, président de la Commission Européenne, a prévenu Rome que la situation n’était pas acceptable car ses projets de dépense budgétaire ne permettaient pas d’atteindre les objectifs de réduction de la dette publique italienne.

« L’Italie s’éloigne des objectifs budgétaires que nous avons approuvés en commun au niveau de l’UE. Je ne souhaite pas qu’après avoir surmonté la crise grecque, nous retombions dans la même crise en Italie. Une crise de ce genre nous a suffit », a déclaré Jean-Claude Juncker.

De son côté, le Commissaire Européen à l’Économie, Pierre Moscovici, a souligné l’importance pour les pays européens de respecter les règles budgétaires adoptées par l’Union Européenne. Lorsque le déficit budgétaire d’un membre de la Zone Euro est supérieur à 3% de son PIB, ou si sa dette dépasse 60% de son PIB sans diminuer de manière continue, alors l’Europe doit sévir.

D’après les statistiques d’Eurostat, l’Italie serait le pays avec la dette la plus importante de l’Union Européenne après la Grèce. En effet, la dette italienne excéderait 130% du PIB à la fin du premier trimestre 2018.

Une potentielle crise avec Bruxelles entrainerait une plus grande volatilité

La Commission Européenne qui doit examiner le projet du budget italien mi-octobre juge d’ores et déjà qu’il ne respectera pas les règles établies pour l’ensemble des membres de l’Union Européenne, ce qui ne semble pas déranger le gouvernement italien. Rome a deux semaines pour réviser son budget.

Matteo Salvini, vice-Premier ministre, a fait savoir que l’opinion de Bruxelles ne comptait pas et que si le projet de budget présenté par Rome était refusé, il le ferait « quand même ».

Ce bras de fer représente le « ras-le-bol » et la défiance de l’opinion italienne vis-à-vis des institutions européennes et de leurs règles, notamment sur les questions migratoires, budgétaires et économiques. Le but n’est pas de provoquer une sortie de l’euro, mais de faire en sorte que les élections européennes de mai 2019 portent au Parlement Européen davantage de députés partageant les idées souverainistes et anti-immigration de l’Italie.

Dans tous les cas, la volatilité sur les marchés pourrait donc s’intensifier car le bras de fer avec Bruxelles pourrait être sur le point de s’accélérer. L’euro et les indices boursiers européens pourraient fortement baisser dans les semaines à venir en fonction des mesures prises par Bruxelles, de la réaction du gouvernement italien et du spread entre les taux d’emprunt allemands et italiens.

Augmentation des taux d’intérêt américains – Quelles conséquences pour l’économie française ?

Hier, la Réserve Fédérale Américaine (la Fed) a décidé d’augmenter l’objectif des taux des fonds fédéraux (Fed Funds) pour la 8e fois depuis décembre 2015. Les Fed Funds se situent désormais dans la fourchette de 2 % à 2,25 %.

Les membres du FOMC ont réaffirmé qu’ils s’attendent à une nouvelle hausse des taux cette année pour atteindre en moyenne 2,4 % d’ici la fin de l’année. Les investisseurs devraient également s’attendre à des hausses de taux progressives en 2019. Selon l’estimation médiane des responsables de la Fed, il devrait y avoir 3 hausses de taux l’année prochaine pour atteindre 3,1 % à la fin de 2019 et 3,4 % à la fin de 2020.

La politique monétaire américaine n’est plus qualifiée d’ « accommodante », ce qui signifie que la Fed a reconnu que les récentes décisions de politique monétaire – avec des taux d’intérêt qui sont maintenant au plus haut depuis octobre 2008 après la chute de Lehman Brothers – ont permis d’atteindre un niveau plus « neutre » sans trop stimuler, ni restreindre, l’économie américaine.

Celle-ci semble tourner à plein régime avec une croissance économique de 4,2 % en 2018 en glissement annuel et des indicateurs annonçant un 3e trimestre tout aussi bon. Toutes les mesures de l’inflation se situent autour de la cible de 2 % de la Fed avec une croissance des salaires en hausse et un chômage au plus bas.

L’augmentation des taux directeurs est généralement positive pour la devise du pays

Les décisions des banques centrales ont un impact important sur le marché des changes.

Parce que la hausse des taux d’intérêt modifie le coût et la disponibilité de l’argent dans l’économie nationale, en offrant des rendements plus élevés les investisseurs étrangers sont attirés par les opportunités plus rentables qu’offrent les économies avec des taux d’intérêt plus hauts.

La demande pour le billet vert devrait donc être plus forte, renforçant l’attrait de l’USD par rapport aux autres devises. Alors que le dollar s’est fortement apprécié de 2014 à 2016 face à la détermination de la Fed de normaliser sa politique monétaire, il s’est affaibli depuis et connaît ce mois-ci sa pire performance mensuelle depuis février.

Alors que la Fed a changé de politique monétaire en 2015, la Banque Centrale Européenne (la BCE) a maintenu sa stratégie traditionnelle de soutient à l’économie des pays de la zone euro.

Cette asymétrie de politique monétaire entre ces 2 grands blocs à de nombreux effets sur les marchés financiers – non seulement sur le marché des changes avec une faiblesse du dollar qui profite à la monnaie européenne (l’EUR/USD est à son plus haut niveau depuis juin 2018), mais également sur le marché des actions et des taux d’intérêt.

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La faiblesse de l’USD soutient l’EUR ce qui pénalise les entreprises françaises qui exportent

En général, une hausse de l’Euro favorise les entreprises importatrices et pénalise celles qui exportent des produits français.

Le « made in France » est donc sensible à ce que l’on appelle « l’effet devise » notamment pour les entreprises qui signent des contrats en dollars, comme dans les secteurs de l’aéronautique ou de la construction navale, ou pour celles dont les filiales se trouvent hors de la zone euro.

Alors lorsque l’euro se renforce de manière continue face à ses rivaux, les entreprises françaises exportatrices doivent s’adapter dans le but de rester compétitives et de maintenir leurs marges.

Si elles ne s’adaptent pas, elles doivent soit baisser leurs prix pour conserver des parts de marché (et donc réduire leurs marges), soit conserver leurs prix au même niveau, au risque de perdre des parts de marché.

Face à un taux de change défavorable, les entreprises françaises peuvent donc subir une baisse de leurs chiffres d’affaires qui peut se ressentir dans les résultats d’entreprises affectant ainsi les indices boursiers français auxquels elles appartiennent comme le CAC40 ou le SBF120.

Puisque leurs produits sont plus chers pour le reste du monde avec un euro fort, la compétitivité des produits français est touchée.

Ces entreprises doivent donc redoubler d’effort pour faire face au manque d’innovation, aux problèmes de compétitivité/coût – notamment vis-à-vis de leurs voisins européens ou encore au niveau de gamme parfois trop bas dans certains secteurs d’activité pour proposer un produit/service qui reste pertinent et qui attirent toujours plus de consommateurs.